samedi 17 octobre 2009

Mogammouahahahahah!

J'ai eu le droit aujourd'hui à mon baptême cairote, celui qui fait de vous un véritable expat et pas un touriste de base! Un warrior de l'Egypte! Le passage par le MOGAMMA!

Dis comme ça, le Mogamma, ça à l'air grandiose et martial...
Vu de dehors... le Mogamma c'est un bâtiment digne de la Russie soviétique, gris, imposant et rectiligne...
Vu de dedans... le Mogamma c'est … une terrible foire! Des militaires qui servent le café, des gens qui se déplacent par vague d'un guichet à l'autre, des vendeurs de boissons sucrées et … des centaines de fonctionnaires égyptiens!
Le fonctionnaire égyptien reste avant tout … Egyptien... il prend sa pause déjeuné sous ton nez même si tu attend ton visa depuis 3heures et demi et que personne ne le remplace...

L'accueil est toujours particulièrement aimable, on te dirige vers le guichet 12 pour le visa de 6 mois... ensuite c'est guichet 42 pour acheter les timbres, puis 2 heures en théorie et 4 heures en pratique,plus tard c'est guichet 38 pour récupérer le visa tamponné... pendant les 2h d'attentes que tu n'avais pas prévues, tu vois passer des centaines de formulaires avec des passeports, un peu chiffonné... et tu commence à vraiment craindre pour ta légalité... et la tu comprend pourquoi on t'a obligé à indiquer ta religion sur le formulaire... parce que tout d'un coup, tu as besoin de croire en dieu! Tu commence à prier pour ton visa, pour qu'il retrouve le chemin qui le mènera a toi, pour ta vie mise en péril par la chaleur suffocante et pour ta santé mentale vacillante. Parce que oui, voir la Madame qui est sensé faire ton visa recharger son téléphone portable, sa voisine tranquillement calée dans son fauteuil à se taper la cloche en bavardant avec une troisième et celui de derrière qui file à l'anglais, oui là tu commence à te demander si t'hallucine pas complétement! Et puis des visas défilent, jetés en pâture un peu aux hasards aux premiers rangs de la file... autant dire que tu as plutôt intérêt à ressembler à ta photo, c'est le seul moyen pour retrouver le proprio du visa!
Et puis, comme par miracle, le passeport te reviens, mais tu crois que ton calvaire s'achève ici... que tu va pouvoir quitter le joli bâtiment très bas de plafond éclairé au néon! Tu crois pouvoir t'en tirer à si bon compte? Détrompe toi! Le Mogamma est un vrai test, si tu survis, tu survivras en Égypte inch allah. Tu ne t'impatientera plus quand le métro s'arrêtera sans raison, quand l'eau se coupera pour une matinée, ou l'électricité! Mafich mouchkel, pas de pb!
Alors le rite d'initiation continu! Tu dois aller guichet 4, pour demander le visa MULTI entrées... et retourner acheter des timbres puis te rendre de nouveau guichet 4 pour redonner le tout … revenir dans 4h... alors tu reviens, on te refouille pour voir si t'as pas d'appareil photo. Ca se comprend, si des photos de mogamma circulaient... la réputation de l'Egypte serait encore plus resplendissante! Mais tu n'abandonne pas, non, parce que tu le veux ce statut de survivor! alors tu retourne guichet 4, tu tente de t'expliquer dans toutes les langues que tu connais et enfin, enfin ! Tu retrouve ton visa, qu'on te rend avec un sourire détendu et bienveillant, et t'as même pas envie de taper le gars que t'as maudit toute la journée!... « welcome in Egypt »...

jeudi 15 octobre 2009

Free Alcohol


Si seulement c'était vrai.

lundi 5 octobre 2009

"J'irai dormir chez vous" : Bahia Inglesa, Caldera

En manque de plage et de soleil, je suis partie avec une de mes coloc passer trois jours à la mer la semaine dernière. Nous avions choisi une station balnéaire du littoral nord du Chili, très prisée des vacanciers en été : Bahia Inglesa, et son port, Caldera. Le but du voyage était de se reposer toute la journée sur les plages de sable blanc, tout en bronzant (cramant ?) alègrement. Finalement, le voyage ne s'est pas vraiment déroulé comme prévu...


Après avoir failli louper le bus qui nous conduit de Santiago à Copiapo (12h de trajet, de nuit, l'idéal pour ne pas perdre une journée de vacances), nous arrivons à destination le dimanche à 9h du matin. Evidemment, la ville est déserte, et ne présente de toute façon pas beaucoup d'intérêt. Nous décidons donc de ne pas nous atarder et de filer directement vers Caldera, à 1h de bus, pour sentir enfin l'air de la mer... Arrivée sur place, un vent frais nous accueille : eh oui, le soleil est bien au rendez-vous (aucun nuage à l'horizon), mais la température est considérablement refroidie par ce vent qui ne cessera de souffler pendant les trois jours ! Bronzer sur la plage est alors exclus, puisque les gros pulls sont de rigueur près de la côte... Nous ne nous laissons pas démoralisées, et décidons d'aller installer notre tente à Bahia Inglesa (à 10 minutes de Caldera), afin d'aller enfin admirer ces eaux cristallines décrites dans mon Lonely Planet.


L'endroit est désert, et notre tente est la seule du camping ! Comme nous avions oublié les piquets à Santiago, il nous faut remplir la tente de pierres pour éviter qu'elle ne s'envole ! Et même avec tout cet équipement, nous ne sommes pas très rassurées à l'idée de quitter le camping, la tente sera-t-elle là à notre retour ?


Nous partons ensuite à la découverte de la station balnéaire : les plages sont effectivement magnifiques, avec des eaux turquoises, des rochers, des cactus... Quelques promeneurs du dimanche profitent également de cette belle journée, mais globalement nous sommes un peu seules au monde ! Ce n'est pas désagréable... A la recherche d'un cyber café, nous questionons des artisans vendant des bijoux dans des petites cabanes, qui nous apprennent que le plus proche est... à Caldera... L'un d'eux nous propose gentiment d'utiliser son ordi portable personnel, et nous invite à venir nous abriter du vent dans sa cabane. Il m'offre même une dent de requin fossilisée et me montre ses créations, puis il nous propose de manger avec eux le soir même. Nous acceptons et reprenons notre chemin. Bahia Inglesa étant très petite, nous repartons en stop vers Caldera, pour profiter de l'activiter du port. Nous mangeons du poisson sur la cale en compagnie de nos deux chauffeurs, puis allons nous reposer sur une plage... Attention aux bourrasques de sable ! Le soir, nous retournons à Bahia Inglesa. Nous retrouvons les artisans et pêcheurs rencontrés le matin ; ils nous offrent du poisson, de l'alcool... L'ambiance est sympa, il n'y a que des hommes, tous bourrés car ayant commencé à boire dès le midi... Il n'y a presque aucunes femmes dans ce village, alors forcément, deux jeunes filles, de plus Européennes, ne passent pas innaperçues... Certains se montrent un peu pesants, mais globalement la soirée se passe bien. On parle de tous : de politique, d'amour, de legendes et de croyances marines, de la Pachamama, de la vie dans le Nord du Chili, de l'isolement, de l'Europe... J'ai pour la première fois l'impression de faire de vraies rencontres, avec ces hommes qui nous offrent à manger et à boire sans rien demander en échange. Pour la deuxième nuit, nous restons même dormir chez Michel, dans sa maison entourée de plantes médicinales, de cactus hallucinogènes, décorée de multiples babioles colorées et d'objets marins...


Nous découvrons également la côte le deuxième jour : nous nous rendons en stop au Santuario de la Naturaleza Granito Orbicular. Là, le désert s'avance jusque dans la mer, parsemé de roches aux formes étranges. Nous découvrons également un repère de loups de mer : le bruit de ces bêtes est impressionnant, ils étaient au moins une cinquantaine, posés sur un rocher, à se prélasser au soleil et à crier. A l'abri d'un rocher nous nous offrons une petite sieste : enfin, il fait chaud !


De retour chez Michel, nous profitons de la tranquilité de sa maison. Il me prépare des infusions avec ses plantes médicinales pour guérir ma toux (résultat mitigé, mais attention très gentille !), nous cuisine un délicieux repas de pâtes au poisson : un délice !


Le lendemain, Michel nous emmène pour une promenade en bateau dans la baie. Les vagues ne sont pas énormes, mais nous ne sommes pas rassurées... Il nous montre les installations des pêcheurs, nous fait passer près de rocher fréquentés par des pélicans et autres oiseaux marins... Bref, nous en prenons plein les yeux ! A notre retour sur la terre ferme, nous nous lançons dans la préparation de crabes (une vingtaine, pour quatre personnes !), puis allons profiter d'un dernier coucher de soleil sur la baie avant de filer vers Caldera, où nous devons prendre un bus pour Copiapo puis Santiago. Nous sommes prises en stop par un couple de quinquagénères. Ils doivent s'arrêter à Caldera pour une heure, mais nous proposent de nous conduire ensuite à Copiapo, là où ils habitent. Encore un trajet de bus d'économisé ! Ils sont tous les deux adorables, nous parlent avec pudeur et émotion de leurs 30 ans de mariage, de leurs enfants et petits enfants, en nous faisant écouter à fond de la pure cumbia chilienne ! Buena onda !


A Copiapo, nous reprenons la direction de Santiago. Encore une nuit dans le bus. On arrive le mercredi matin à 9h, juste à temps pour moi pour aller à la fac ! Retour à la vie normale...


C'est la première fois que je voyage de cette façon, en me laissant guider par les rencontres, loin des lieux hyper-touristiques, en faisant du stop, en mangeant et dormant chez les gens... et ça me donne envie de continuer ! J'ai vraiment eu l'impression de rencontrer le Chili et ses habitants, et ce voyage de trois jours m'en a appris plus sur la culture chilienne, sur la vie quotidienne des gens qui y vivent, que mes 2 mois et demi passés à Santiago réunis ! Sachant que le Chili est un pays très divers, long de près de six mille kilomètres, je me dis que j'ai encore de belles rencontres devant moi...



PS : désolée, j'abandonne pour les photos... Je les posterai sur facebook pour les intéressés !


Portez-vous bien !



dimanche 4 octobre 2009

Hitchhiking on a Saturday

Ça faisait un petit moment qu'avec une amie, on avait dans l'idée de partir une journée dans la campagne environnant Belfast, histoire de profiter des verts pâturages irlandais et d'un week end au bord de la mer. Mais pas question de partir en bus... c'est trop facile! Non, on voulait partir en stop. Alors quand on a appris qu'une bande de pote allait à Newcastle -charmante station balnéaire à une trentaine de miles de Belfast, où mer et montagne cohabitent- notre sang n'a fait qu'un tour (si si, je vous jure!): "on vous rejoint en stop, essayez de nous attendre, on sait vraiment pas à quelle heure on arrive."

La veille, on a avait préparé nos petits panneaux -un pour l'aller et un pour le retour, enveloppés dans une pochette plastique, au cas où il pleuvrait!- et rendez-vous 7h30 le lendemain matin. Sauf que... le lendemain matin, ben le soleil était pas au rendez-vous, lui. Au contraire, le ciel était chargé de nuage, le vent soufflait, et la pluie vous glaçait les os. Vous savez, ce genre de pluie toute fine qui ne vous trempe pas d'un coup, mais qui prend bien le temps de vous faire sentir qu'elle est là! Donc pas terrible pour commencer la journée, encore moins quand on a prévu de faire du stop. Mais ce qui est dit est dit, et c'est donc sous la pluie que nous nous mettons en route, bon gré mal gré. On avait repéré la route, histoire de pas se gourer de sens non plus. Après avoir marché une bonne heure et demi, on commence à s'éloigner un peu de la ville et a vraiment croiser des voitures en route pour la campagne.

Une fois trouvé l'endroit (c'est à dire où les voitures nous voit, c'est toujours mieux quand on veut faire du stop, mais aussi où elles peuvent s'arrêter sans que se soit dangereux), on se pose, on sort la pancarte et nos pouces, et on attend. Au bout d'à peine 10 minutes, un mec nous fait signe après s'être garé sur le côté, et nous invite à monter en nous expliquant avec un FORT accent irlandais qu'il ne va pas à Newcastle, mais qu'il va dans la même direction. Il nous dit le nom d'une ville, mais j'ai pas tout compris, sauf qu'on devra chercher une autre voiture. OK, pas de problème, et c'est parti.

Si vous vous rappelez bien, j'ai dit qu'il pleuvait. Le truc avec l'Irlande, c'est qu'il ne faut jamais baser ses projets en fonction du climat. Impossible, ça change tout le temps. Des amis devaient prendre le bus pendant que nous faisions du stop, et on devait se retrouver pour la rando, sauf qu'en voyant la pluie, ils ne sont finalement pas partis. Grave erreur! Il a fait beau toute la journée (bon et quand je dis beau, il a pas plu quoi, et y'avait pas mal d'éclaircis). Le moment où on s'est posé, il a arrêté de pleuvoir. Si c'est pas un signe ça!

Nous voilà donc partis avec ce gentil monsieur, qui dit s'appeler Marc et travailler la semaine à Belfast comme ingénieur dans la construction navale (de ce que j'ai cru comprendre, parce que l'accent nord-irlandais, c'est pas de la tarte). Le paysage qui défile est vraiment magnifique. La baie de Dundrum est à vous couper le souffle, rouge, bleu, vert, la mer, la montagne en arrière plan... Wow. Et il n'est que 9h du matin. La journée s'annonce bien!

On arrive finalement à Newcastle à 9h30. J'ai la ferme impression que Marc a fait un détour pour nous conduire là où on voulait être, parce que je suis persuadée avoir compris qu'il n'allait pas jusque là au début. Mais le plus fort, c'est qu'il tient absolument à nous donner 5£... pour qu'on prenne le bus au retour, et qu'on soit pas coincé en terre hostile. Hallucinant! Et pour deux nanas parties sous la pluie avec l'incertitudde d'arriver à temps (voir d'arriver tout court), être accueillies par l'étendue opaline de la mer, qui scintille sous le soleil (et oui, plus de pluie!), voir les Mourne Moutains en toile de fond, et en plus se retrouver avec un billet inattendu dans la poche, c'est le paradis.

Après avoir déambuler le long de la plage, en s'extasiant du paysages et en prenant des photos, on décide de s'enfiler un fry, histoire d'avoir le ventre plein pour la rando qui s'annonce! Pour ceux qui ne connaissent pas, le fry, c'est le déjeuner irlandais (très) nourrissant, avec bacon, haricots, oeuf, toasts, potato bread, black pudding, saucisse et plus encore! Autant vous dire qu'on a très bien mangé. Merci Marc pour ce délicieux petit-déjeuner!

On retrouve le groupe sans trop de problème, et c'est parti pour la randonné dans les Mourne Mountains! Le panorama est vraiment superbe, ce mélange de montagne et de mer, le ciel... Et le vent! Wow, les bourrasques sont impressionnantes, on peut presque se laisser tomber en avant sans tomber, le vent souffle tellement fort! On croise plusieurs randonneurs qui descendent et qui nous disent de retourner dans la vallée, ça commence à devenir dangereux.

Après la pause pique-nique, le groupe se scinde en trois parties: un groupe repart vers la vallée, un autre continue le chemin de rando, et le troisième décide de grimper sur une des montagnes. Je fais partie du troisième groupe, et c'est à trois que nous nous lançons vers l'ascension... J'avais déjà fait ça au Connemara, et je savais que j'allais en baver, mais jeez, on ne se rappelle combien on a morflé que lorsqu'on grimpe! Les mollets travaillent dur, et je me répète toutes les deux minutes " mais qu'est-ce que je fais làaaaaa, je suis complètement malade, je vais mourir d'épuisement avant de voir le sommet!" On croise quelques moutons qui ont l'air de se demander ce qu'on fait là, et j'aperçois au loin un petit groupe d'alpinistes avec tout le matos qu'il faut (enfin je devine, parce qu'ils sont super haut!). Le vent, même s'il est frigorifiant, nous aide en nous soulevant presque. C'est dire si ça souffle! Nous voilà en haut, et la vue est magnifique. Le bocage au loin, Newcastle en bas, la mer qui s'étend à perte de vue... Ça en valait la peine!

La descente maintenant. Bien plus facile que la montée. Mais attention au vent... On tombe tous les trois comme des mouches dès qu'une bourrasque de vent plus forte que les autres se prend l'envie de montrer le bout de son nez! C'est assez comique d'ailleurs... Enfin bref, après deux grands écarts, trois chevilles tordues et au moins une bonne quinzaine de dérapages, on arrive enfin en bas. Et quand on se retourne, on est fier de se dire qu'on a été tout là haut!

Retour en stop bien sur, le bus coûtant 7£ et s'arrêtant dans chaque petit bled paumé le long de la route. On croise nos amis qui eux s'en retournent en bus... Qu'à cela ne tienne, on a pas à attendre longtemps, une fois sortie la pancarte confectionnée avec nos petites mains, Une voiture s'arrête à peine 5 minutes après... causant un embouteillage parce que la nana doit sortir ranger ce qui se trouve sur les sièges arrière pour le mettre dans le coffre! Adorable, elle nous demande où on veut qu'elle nous dépose, et après lui avoir dit que cela importait peu une fois qu'était à Belfast, elle nous dit "Je peux vous déposer à ... (j'ai pas saisi le nom) et après vous prenez le bus pour le centre ville. Quoique je peut faire un détour, c'est pas très grave. Vous habitez où?". Finalement, elle nous dépose quasiment devant chez nous, non sans nous avoir montré tous les coins à voir le long de la route et les endroits intéressants (genre musée, plan d'eau, ferme de papillons et j'en passe...). Finalement, on arrive bien avant le bus (qu'on a croisé d'ailleurs), et déposé devant la porte. Que demander de plus.

Le bilan: 2,5£ de dépenser pour une superbe journée à la plage et à la montagne. On était même pas obligé de débourser en plus, mais nos estomacs (gourmandise?) ont parlé. Je crois qu'à partir de maintenant, tous mes voyages en Irlande se feront en stop. Gratuit et rencontres assurées. Et si on me dit que c'est dangereux... je répondrai que c'est comme tout!

jeudi 1 octobre 2009

L'alphabet norvégien

Françaises, Français, Roumains et Slovaques, Chiliens et Chinois... à vous tous qui lirez ces quelques lignes... c'est mon premier article !!!!!

Je voudrais vous parler de façon assez brève, mais je crois très représentative, de la perception de la sexualité par la gente féminine norvégienne. J'étais plongé dans mon travail, innocent, essayant de comprendre les multiples enchainements historiques qui menèrent la Norvège à être un pays pacifiste, lorsque tapant ma recherche sur google, je tombe sur le blog d'une jeune Norvégienne, 19 ans, blonde et célibataire...
Non! Je ne passe pas ma vie à écumer les blog des norvégiennes! C'est simple je ne comprends rien à ce qui y est écrit! (bon souvent il y a des photos... mais ça compte pas - et puis de toute façon je travaillais vraiment!).
Mais cette fois-ci j'ai trouvé quelque chose de très caustique. En réalité, c'est je crois une méthode très efficace pour apprendre l'alphabet norvégien, qui ne diffère du notre que par l'ajout de 3 petites voyelles supplémentaires. Je vous laisse apprécier:

Alle SEX typer!
A- Anal sex
B- Banan sex
C- Crazy sex
D- Dildo sex
E- Elskverdig sex
F- Fyllesex
G- gal sex
H- Hetro sex
I- Ivrig sex
J- Jalla sex
K- kuk sex
L- Låve sex
M- Munn sex
N- nasty sex....
O- Oral sex
P- Punk sex
Q- Q sex
R- Rompe sex
S- sado sex
T- Trang sex
U- Ubeskyttet sex
V- Vanlig sex
W- Wankie sex
X- xXx sex
Y- Young sex
Z- Zleepie sex
Æ- Ærlig sex
Ø- Øvelses sex...
Å-Åhhhhh sex...






Food for thought and thought for food

Choc culturel. On nous avait mis en garde à l'IEP - M.Polo avait trouvé utile de nous dire que les hommes n'avaient pas le même mode de vie partout (non, sans blague!), et n'avait de cesse de nous rabâcher les oreilles avec ce choc culturel dont nous allions tous, d'une manière ou d'une autre, faire l'expérience. Une fois sur place, rebelote. On nous a montré un petit schéma nous décrivant ce que nous allions ressentir. Une fois passé la phase de "honeymoon" dans les jours qui suivent l'arrivée, c'est le choc culturel, la grosse dépression, le "mais qu'est-ce que je fais ici", "je veux rentrer" et autres réjouissances. Le mal n'est cependant pas incurable, on nous a assuré que nous allions guérir, et nous adapter.

Je vous arrête tout de suite. Je n'ai pas -encore- expérimenter cette phase dépression/remontée. Il faut dire que le choc culturel est moins important pour moi que pour mes comparses exilés en Chine, au Japon ou en Amérique Latine. Ici, c'est encore l'Europe, l'Union Européenne qui plus est. Je suis donc assurée de disposer de l'eau courante, de l'électricité, d'un hôpital à proximité, de rues propres, de passages piétons, d'un lit, d'une douche -quoique la notre fait de la résistance- bref, d'un certain confort, vous aurez remarqué.

Alors que serait mon choc culturel? Si on met de côté l'extravagante tenue des Irlandaises, je dirais... le FROMAGE! Quel est donc ce pays de barbare où le seul fromage dans les rayons est un truc infâme, sans goût, sans saveur, cette chose immonde que l'on nomme cheddar? Les insulaires sont des barbares, ça devrait pas être permis de commercialiser cette chose. Grance amatrice de fromage, je savais que j'allais devoir me restreindre, mais jeez, je ne pensais pas que ça me manquerait à ce point!

La France, c'est une dette publique excessive, un système scolaire branlant, une administration inefficace, des prisons surpeuplées, un président bon pour la casse -je grossis un peu le trait, quoique pour le président... mais passons- mais c'est aussi le fromage. Ou devrais-je dire: les fromages. De Gaulle aurait dit "Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage?" -notez l'exactitude du chiffre. Notez également que c'est peut-être de cette si grande diversité dans nos fromages que nous viennent tous nos problèmes. Rappelez vous notre vieux fond gaulois bagarreur! Mais à choisir entre la vie en rose sans fromage, et une vie mouvementée où vous avez le choix entre plus de 200 variétés différentes... Je prend le fromage sans hésiter. Bref.

Ici? Niente. Nada. Rien. Sauf le cheddar. Ô rage, ô désespoir... Sauf... sauf une petite boutique dans le centre ville qui recèle des trésors de nourriture. Dont des fromages. Bleu d'Auvergne, camembert, comté, fourme, mimolette... Le paradis sur terre. Dès que j'ai appris son existence, je m'y suis ruée, et j'ai sauté sur le bleu. Dio, que que c'est bon. Ça règle mon problème et guérit mon choc culturel - y'a toujours les Irlandaises, mais ça je pense que je en m'y ferais jamais.

Sauf que... il me manque le pain. Le pain chaud, croustillant, fait le jour même, que l'on va chercher à la boulangerie pour le petit-déjeuner, le goûter ou la soupe du soir. Et ça... je crois pas que j'en trouverais.