dimanche 21 février 2010

L'Anglais pratique - 1ère édition

Que tout aspirant à la vie nord-irlandaise ou à un séjour dans la verte Erin du Nord prenne connaissance de ce qui suit -un homme averti en vaut deux, et tant qu'à faire, ça peut toujours servir.

Nous avons tous plus ou moins les bases lorsqu'il s'agit de parler anglais, que l'on baragouine "My taylor is rich" ou que l'on déclame avec passion "Shall I compare thee to a summer's day?". Notre merveilleux système scolaire prévoit dans l'emploi du temps de tout élève français quelques heures consacrées à l'apprentissage de cette langue barbare -ô combien massacrée par les francophones de tout pays, il faut le dire- devenue en quelques années la langue internationale et de plus en plus incontournable. Bref, l'anglais, tout le monde connaît.

Sauf que rien, lors de ces chères heures où notre professeur tentait de nous expliquer dans quelle mesure la différence entre les voyelles courtes et les voyelles longues pouvaient nous éviter les regards perplexes de nos interlocuteurs, rien ne pourra vous préparer au patois local: j'ai nommé the northern irish accent!

Une petite mise en bouche

Et encore, c'est pas le plus difficile. Imaginez vous dans une classe de 13 étudiants, vous êtes le seul Erasmus du tuto, c'est assez folklo. Non seulement, les Nord Irlandais ont tendance à parler une vitesse qui dépasse tout entendement -je me suis souvent entendu dire dans mon adolescences que je parlais trop vite, ben mon vieux, c'était rien comparé aux mitraillettes d'ici!- mais en plus, la prononciation n'a absolument rien à voir avec celle que l'on nous enseigne.

Exemple. Au lieu de dire "shower" -phonétiquement, "sha-weur"- ici on dira "shour". C'est valable "hour", "tower", bref, vous avez saisi. "Now", que l'on prononcerait "na-o" se dira "noï". Idem pour "cow", "brown, 'how", etc... Bref, je pourrais en écrire des tartines, et encore, ce genre de prononciation ne serait valable que pour Belfast et ses environs, ailleurs, ça serait encore différent!

C'est ça le plus fou, c'est que chaque région à son propre accent -les habitants de Derry étant réputés les pires, même leurs compatriotes ne les comprennent pas! Belfast, Coleraine, Tyrone, Omagh, un bon Nord Irlandais saura deviner la ville natale de son interlocuteur en fonction des expressions utilisées et de sa prononciation. Les accents permettent également de déduire s'il vient d'une zone catholique ou protestante, et ainsi d'agir en conséquence -c'est encore un autre sujet, mais j'ai des amis Nord-Irlandais qui se sont fait refuser l'entrée en boîte de nuit par le videur parce qu'ils étaient Catholiques! Comment l'a-t-il su? Par l'accent.

Vivre en Irlande du Nord entraîne également son lot d'expressions locales. L'image ci dessous en fait en bon récapitulatif:

Traduction:

"What's the craic?", la phrase la plus importante, apprise dès les premiers jours, signifiant grosso modo "What's up?" ou "'What's the fun?", à laquelle on se doit de répondre "The craic's ninety!" pour dire que ça va bien!

"'Bout ye?" pour "How about you?" -je vous avais prévenu.

"You're a geg" pour "You're funny/idiot"

"It's weeker!" pour "It's really good"

Vous l'aurez compris, des expressiosns qui laissent perplexes lors de la première rencontre! Aussi, "no worries" ou "a wee bit", très très Nord-Irlandais.

Bref, j'ai encore des surprises et des difficultés de compréhension, mais une fois qu'on s'y est fait, c'est assez plaisant à l'oreille, voire même carrément sympathique. Sur ce, see you later folks!

vendredi 12 février 2010

Trip - Days 13 to 14: Prague

Arrivée à l'hôtel, ça commence déjà fort: super ambiance, salle de cinéma, sauna et piscine... Tout ça pour pas cher! J'aime. Un peu excentré, mais bien desservi par le tram . D'ailleurs, pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis une grande fan de tram, j'ai littéralement tanné Sarah quand j'étais à Istanbul pour qu'on le prenne au moins une fois -j'adore le tram d'Istanbul, rétro tout comme il faut! Bref, je partage ma chambre avec une Sud Coréenne étudiant en Allemagne et une Argentine en voyage qui parle français, avec qui je sympathise tout de suite. Elle prévoient une visite de la ville le lendemain, mais je décide de continuer à voyager seule. J'ai fait du chemin depuis Sofia, et j'apprécie de plus en plus l'indépendance que la solitude offre. Personne à attendre, aucune concession à faire, libre d'aller où je veux et de visiter ce que j'ai envie... La journée se termine tranquillement dans la salle commune, à regarder Prague se couvrir de son blanc manteau alors que les flocons de neige tourbillonnent au gré du vent.

Vue de Prague depuis la vieille ville

Tram le lendemain matin, direction le château de Prague et la vieille ville! Premier choc: les hordes de touristes qui arpentent les rues. Deuxième choc: les touristes qui sont presque toujours en groupes de 20 ou 30. Horrible! Pas moyen de faire une seule photo sans qu'il n'y ait un clampin dessus. Du coup, je suis obligée de viser au dessus des têtes. Moi qui aime les voyages où je me sens la seule étrangère, où le fait d'être un touriste -je lui préfère d'ailleurs voyageur ou baroudeur, beaucoup plus sympathique à mon sens- ne pose aucun problème, ici j'ai tout faux Les pauvres Praguois qui voient défiler ces cohortes sans fin, je comprend qu'ils en ai marre. Certes, Prague est magnifique, mais franchement, Budapest est 10 fois, 100 fois plus agréable et beaucoup moins touristique. Bref. Les touristes, j'aime pas.

Le château est très chouette cependant, et c'est vrai que Prague a décidément bien du charme. En ce début de matinée, soleil et brouillard se mêlent et ajoutent un zeste de poésie à ce qui m'entoure. La vue depuis pont Charles -touristes, touristes, et encore touristes!- est tout simplement à vous couper le souffle.

Sur le pont Charles

Je suis surprise de voir à quel point Prague regorge de concerts à chaque coin de rues. Je me retrouve avec un paquet de tracts pour les concerts du soir, auxquels je ne peux pas aller, -opéra ce soir!- bien que très alléchants. C'est comme ça que je rencontre un Tchèque fort sympathique, qui me dit adorer la France, et avec qui je parle français! Il me fait entrer gratuitement au Clementinum, alors qu'à a base, c'était quelque chose comme 10€ et une demi heure d'attente. Sympa! Je file ensuite vers l'observatoire astronomique, où l'on peut voir tout Prague -et où, il faut le souligner, j'évite une belle chute dans les escaliers en colimaçon!

Direction le quartier juif, où je découvre avec stupéfaction qu'il faut payer pour entrer dans la synagogue -c'est un truc que j'ai jamais compris ça, faire payer pour entrer dans un lieu de culte. Etant un peu radine sur les bords et surtout étudiante fauchée, j'opte pour rester dehors et déambuler le long des rues.

L'horloge astronomique de la vieille ville

Opéra le soir, j'avais repéré qu'ils jouaient Tosca -mon opéra favori-, donc pas question de rater ça! En achetant les billets, je retrouve la famille Américaine qui n'avait pas pu monter dans les bus -quand je vous dit que ce voyage a été fait de belles coïncidences: combien j'avais de chance de les recroiser?! Je me retrouve dans une loge avec d'autres Français, dont l'un travaille à Prague depuis quelques années et qui m'offre un verre de champagne à l'entracte.

Décollage le lendemain pour Cologne, où je retrouve Lisa, avec qui je passerai le Nouvel An, puis quelques jours en Allemagne pour récupérer, commencer mes essais dû incessamment sous peu, et retour à la réalité. Pour les photos de Prague, c'est ici

J'aurais traversé sept pays différents, manipulés 6 monnaies -j'ai encore des tonnes de pièces sur mon bureau en leva, lira, couronne, euro et autre- et parcouru quelque chose comme 5826 kilomètres. Et une immense sentiment de satisfaction en pensant que j'ai fait le chemin d'Istanbul à Cologne toute seule, en solitaire, comme une grande! Prochain voyage: Chicago, New York et Toronto ;)

vendredi 5 février 2010

Trip - Days 11 to 12: Vienna

Schonnbrünn vu des jardins

Au revoir Budapest, bonjour Vienne! Résa du bus faite sur Internet et billet en main, direction la gare routière, à destination la capitale autrichienne. Bon, je m'étais gourée dans ma résa -j'avais booké le mauvais jour...- et j'ai du racheter un billet, mais c'est pas grave, du moment que je suis dedans! J'avais repéré avant de partir l'itinéraire entre l'arrêt à Vienne et l'auberge de jeunesse que j'avais réservé, sauf que... Vienne est un tout petit plus grande que Budapest, et c'est pas évident de s'en rendre compte sur Google Maps... Du coup j'ai marché pendant trois plombes, et je me suis perdue! Bon, j'ai quand même réussi à trouver l'hostel, sauf que... ben j'aime pas. Faut payer pour tout, pour Internet, pour le petit-dèj, pour la clef de chambre... Et tout est trop propre, trop proper, trop clean. Comparé à Budapest, où l'ambiance était vraiment bon enfant et très détendue, la transition est brutale. Bref, mon séjour ne commence pas bien!

Comme le soleil est déjà couché une fois installée, je décide de rester à l'hôtel, histoire de me poser un peu et d'organiser ma journée du lendemain, sachant que j'ai beaucoup de choses à faire en seulement une journée. Je rencontre une New Yorkaise très sympathique et une Canadienne fana d'opéra, qui se trouve être une très grande fan de Natalie Dessay! Elle revenait du Staatsoper où elle avait vu Simon Keenlyside pour seulement 3€. Ma soirée du lendemain est ainsi décidée, comme c'est si peu cher, j'irais voir Casse Noisette! Une fois revenue dans le dortoir, je rencontre deux Allemands complètement barges avec qui on papote pas mal. Ma soirée à Vienne se révèle plus agréable que mon arrivée!

Lendemain matin, direction le légendaire palais de Schonbrünn, où Sissi a passé quelques années de sa vie. Une queue monstrueuse pour les billets, des touristes partout... et pourtant, on est en décembre! L'été doit être terrible. J'opte pour la visite complète, impressionnant mais limite trop pompeux pour moi qui préfère la délicatesse turque ou le charme balkanique. Ceci dit, la salle de ball m'a laissé sans voix.

La salle de bal. Bien sur, je n'ai pas pris cette photo, sinon y'aurait des touristes partout!

Les jardins me séduisent déjà plus. Je m'imagine très bien en été, flâner le long des allées et paresser adossée à un arbre, lisant un livre ou papoter avec des amis. Les Viennois ont bien conscience de la perle à leur portée, puisque je croise beaucoup de joggers ou d'étudiants en arts croquant statues ou monuments. En jetant un coup d'œil à mes photos, je m'aperçois que la lumière est absolument magnifique. Je sais pas si c'est la Belfast influence, mais je suis de plus en plus sensible à la lumière, et notamment aux variations de lumière filtrée par les nuages. Bref, c'était un matin tout à fait enchanteur.

Ayant fait une stupide manip avec mes photos de retour à Belfast, j'ai perdu hélas la plupart de mes clichés de Vienne -une bonne raison pour y retourner!- donc pas de photos de Strauss ni de Mozart, auxquels je suis allée rendre visite! Palais des Habsburg, Staatsoper où je fais la visite guidée -incroyables salles pour l'entracte, richement décorée et à couper le souffle!- en gros balade dans le centre ville où je ne cesse de croiser les calèches viennoises pleines de touristes, avec toujours cette étonnante lumière. La soirée se termine par Casse-Noisette, où je rencontre une Sud Coréenne pour qui c'est son premier ballet.

Staatsoper, vue du balcon

Ce séjour à Vienne aura été pleine de rencontres fortuites: l'Américaine vu la soir à l'hostel que je recroise dans la rue le lendemain matin, la Canadienne fan d'opéra que je croise dans le métro en allant à l'opéra et que je recroise au petit-dèj le lendemain, un Argentin que j'avais vu à Budapest, et une famille Américaine que je recroiserai à Prague à l'opéra -oui, encore!

Bus pour Prague le lendemain matin, où je me suis pas gourée dans la résa -heureusement, parce que le bus est complètement blindé, funeste présage qui annoncent des hordes de touristes!- direction la capitale tchèque!

Pour les photos, comme toujours, c'est ici

mardi 2 février 2010

Trip - Days 8 to 10: Budapest

Reprise des cours, et voilà que je tente de finir le récit de ce voyage, mais j'ai trop de choses à dire et pas assez de temps! Après quelques jours à Barcelone et un week à Bruxelles, me revoilà dans ma bonne vieille Irlande, affrontant la pluie et le froid!

Donc après une bonne nuit de sommeil, direction la gare, destination: Budapest! Encore une fois, le tableau de bord en cyrillique ne facilite pas les choses, je vais donc redemander au mec à qui j'ai acheté les billets la veille -qui s'avère parler français sans une once d'accent!- qui m'indique aimablement la plate-forme. Là encore, petite frayeur, il y avait bien un train qui attendait, mais comme personne ne montait, ben, j'ai fait pareil, et à 10h pile, il est parti -mon train était censé partir à 10h pile, je me suis donc dis que je l'avais loupé et que la grosse andouille que je suis était pas capable de monter dans un train quand celui-ci était à quai! Mais en fait non, il était juste très à la bourre. Je me retrouve donc dans un wagon avec deux Brésiliens qui font le tour de l'Europe -complètement fou, ils venaient de Roumanie, allaient jusqu'à Prague pour ensuite repartir à Londres pour enchaîner sur l'Espagne, and so on, j'ai perdu le fil tellement c'était impressionant!

Je m'étais attendu à des paysages enchanteurs, vallonnés et montagneux, mais pas du tout. J'étais complètement à côté de la plaque, la Serbie, c'est plat de chez plat. Plus plat, c'est pas possible. Sans rire, s'en était à mourir d'ennui! Des champs qui s'étendaient à perte de vue, avec une ou deux maisons par ci par là, rien d'autre. C'est sympa un moment, mais 8h30 de train comme ça, ça lasse, au bout d'un moment. Bref, 9h plus tard, j'arrive à l'auberge de jeunesse, très sympathique avec une chouette ambiance, tout comme je les aime. Je fais déjà la connaissance d'un Australien un peu barré qui voyage autour du globe, d'un Néo-Zélandais qui bosse en Lituanie, et d'un Coréen bizarre -qui, alors que notre Australien souffre d'une migraine, se propose de lui appliquer une technique médicinale traditionnelle de son pays, à savoir lui brûler le cuir chevelu! Imaginez-vous la scène, l'Australien inquiet, le crâne en feu, et nous morts de rire. Bon, apparemment, ça a marché! Arrivée le 24 décembre au soir, y'a pas grand monde dans les rues, puisque tout le monde fête Noël. Sauf que j'ai rien à me mettre sous la dent! C'est donc avec un Hongrois natif de Budapest que je me met en chasse... on finira par se faire un kebab -appelé gyros en Hongrie!

Le lendemain, j'avais rendez-vous avec Erika -mon amie Hongroise- pour un déjeuner avec sa famille auquel elle m'avait invité. Je décide d'y aller à pieds, et grand bien m'en a pris, il fait un temps magnifique, et je tombe tout de suite sous la charme de la ville. Ça a été la grosse surprise du voyage, je ne m'attendais pas du tout à ce que Budapest soit aussi enchanteresse. On en parle pas beaucoup comme d'une destination touristique phare, alors profitez-en pendant qu'elle est encore préservée des hordes de touristes, ça vaut vraiment la peine!

Et si la veille j'ai failli tomber d'inanition -j'en rajoute à peine!- après le déjeuner avec Erika, j'ai failli mourir d'un trop-plein de bonne chères! Famille adorable, et accueillante comme tout, je parlais français avec la mère d'Erika, espagnol avec son père, et anglais avec elle et son frère, je vous laisse imaginez le déjeuner cosmopolite! Je finis cette journée à l'opéra, avec Le Nozze de Figaro -que je savoure pleinement, non seulement parce qu'il n'y a pas d'opéra à Belfast, mais en plus parce que le billet est à 2,5€!

Le lendemain se résume en sight seeing, et la ville me séduit de plus en plus. La vue sur le Danube depuis les remparts du château est à couper le souffle, et il continue de faire beau! Je retourne à l'opéra le soir, des billets pour si peu cher, je ne peux décemment pas cracher dessus! D'autant plus que je rencontre des Belges fort sympathiques avec qui on papote pendant l'entracte, qui m'invitent à les contacter si jamais je passe par Bruxelles!
Bref, la ville coup de cœur du voyage, et un pays dans lequel je reviendrai! Pour les photos, faites un tour ici