jeudi 29 avril 2010

Le Frenchy à l'étranger

Un petit point sur les Français abroad, ça me semble quand même incontournable! A étudier dans un pays étranger, on est forcément confronté à la vision du Français perçu (et parfois vécu) par nos voisins.

En avant pour les clichés donc. Ici, le Français est forcément fumeur. Lorsqu'on m'a demandé pour la première fois si j'avais une cigarette, et que j'ai répondu que je ne fumais pas, j'ai eu droit aux yeux mode soucoupe et une réponse à la limite de l'indignation: "Mais, je croyais que les Français étaient tous des fumeurs!" C'est vrai que le cliché de la femme française une cigarette à la bouche, c'est so sexy. Ben non, désolée, pour le cliché, on repassera!

Bon, ensuite, le Français est sale, mais ça, c'est quand même très Américain. Je sais pas où ils sont allés la pêcher celle là, mais elle me fait beaucoup rire! Apparemment, les femmes françaises sont poilus et l'assument -cf l'anecdote Julia Roberts aux Oscars les aisselles pas très nettes, qui auraient répondu "Les Françaises ne se rasent pas, pourquoi le ferais-je?"- très très distingué. Et on aime pas trop les douches. Enfin bref, aucune remarque de ce genre depuis que je suis en Irlande, ça doit être la spécialité Outre-Atlantique.

Un autre cliché dont on arrive décidément pas à se débarrasser: le Français est malpoli. Tous mes amis, et j'insiste sur "tous", m'ont confirmé que lors de leur voyage à Paris ou en France, ils ont au moins une fois eu affaire à un maroufle, qui non content de leur répondre du bout des lèvres, leur a aussi bien fait comprendre qu'il n'aimait pas les étrangers. Pour eux, les Français savent parler anglais, mais refusent de le faire quand confrontés à des étrangers non francophones. J'ai quantité d'anecdotes: à l'aéroport CDG, une amie avait une correspondance. Hongroise, elle ne parlait pas français, elle demande donc à une hôtesse de lui indiquer comment se rendre à sa porte d'embarquement. Et la nana a tout simplement refusé de parler français -d'ailleurs, on m'a dit que CDG était le seul aéroport à ne faire aucune annonce en anglais, tout se ferait en français. Une autre anecdote: des amis prenant un verre à Paris, attendent le serveur qui n'est pas apparemment pas décidé à les servir. Entre eux, ils parlent anglais. Et ils ont eu la nette impression que le serveur a consenti à les prendre leur commande parce qu'il s'est rendu compte qu'ils n'étaient ni Américain ni Anglais. Allergie à l'anglais? Il semblerait que tous les Français en souffrent.

Mais outre ce côté peu brillant, le Français a quand même bien la côte. Lors de mes péripéties, tant européennes qu'Outre-Atlantiques, lorsque j'ai tendu mon passeport, on m'a toujours répondu par un "merci" ou "bonne journée". Et lorsqu'on me demandait ma nationalité, j'avais toujours droit à "Oh you're French? From France?! Sweeeet!" et invariablement, une petite phrase en français, avec cet accent anglais que je trouve tellement gauche que s'en est craquant (mais ça c'est juste moi).

Également incontournable, l'accent franchouillard. Alors apparemment, ils trouvent ça mignon -personnellement, je le trouve absolument horrible et moche au possible- et c'est ce qui nous rend si irrésistible. Ben dommage pour moi, l'accent français, je l'ai pas -et je suis déterminée à ne pas l'avoir- pour la drague, je repasserai!


C'est assez étrange, depuis que je suis en Irlande, j'ai à la fois plus conscience que jamais d'être Française, tout en me sentant de plus en plus Européenne. Française, parce que oui, du fromage décent pour un prix raisonnable, ça me manque, une gastronomie inexistante, ça me bouleverse, le pain frais du matin au petit déj, c'est vital (oui, vous remarquerez, ça tourne beaucoup autour de la nourriture, pas ma faute). Européenne, parce qu'avec les autres Erasmus, on apprend à se connaître, à se dire que finalement, on est pas si différent, que la barrière de la langue n'en est pas une, qu'on arrive toujours à se comprendre. Qu'on soit Allemands, Espagnols, Polonais, Finlandais ou Français...

mardi 20 avril 2010

Le 7e art à la belfastoise (?)

Les bons plans de Belfast, c'est ce qu'on cherche à découvrir quand est étudiant et sans le sou! Donc, pour tout ceux de passage dans la ville irlandaise, ou pour ceux qui envisagent de s'y installer un peu plus longtemps, ou encore pour ceux qui sont tout simplement curieux, bref, avis général donc, sachez que mardi = cinéma!

Et oui, parce qu'à Belfast, lors des Crazy Tuesdays, comme on les appelle, tous les films à l'affiche du Movie House sur la Dublin Road -passage obligé lorsqu'on se rend au centre-ville de la fac ou de chez moi- sont à 3£. Ouaip. Donc quoi, même pas 3,5€? Même les films en 3D! Vous imaginez sans peine votre serviteur se ruant au guichet tous les mardis pour profiter de l'aubaine, et vous avez raison. Surtout sachant que les lundis, le cinéma de Queen's, QUT pour les intimes, fait la même chose! Plus près de chez moi et moins de block busters américains, tout bénef aussi. Cinoche sympa puisque gérés par des étudiants de Queen's et proposant des semaines dédiées à un pays -y'a pas très longtemps, on a eu la semaine du cinéma polonais, vraiment chouette!

Ceci dit, en règle général, le cinéma à Belfast est quand même pas très cher. Le prix normal des billets pour un étudiant, si je me souviens bien, est d'environ 4,5£, soit 5€, grosso modo. Je ne le répèterai jamais assez, mais Belfast est vraiment une ville pas chère est très student-friendly. J'aime!

Bon, bien sûr, tout ça sans sous-titres, donc faut prendre le coup, mais de toute façon, les films en VO sont tellement plus vrais et sincères que les doublages... Je m'en accommode très bien! Et puis si on est vraiment fine bouche, QUT propose régulièrement des films français en VO -en français donc. Alors n'allez pas vous plaindre! Mon dernier film en date: How to Train Your Dragon, un régal, allez y faire un tour, c'est mignon comme tout! Je veux le même dragon ;)

lundi 19 avril 2010

Wanna take a cab?

Les taxis au Royaume-Uni, une grande institution, que certains vont même jusqu'à qualifier de "public", vu les services qu'ils rendent à la communauté! Ne serait-ce que pendant les Troubles: les "black cabs" -donc les taxis noirs, CQFD- étaient les seuls liens entre West Belfast, alors coupé du reste de la ville dû aux violences entre les deux communautés, et le centre ville, où beaucoup allaient travailler tous les jours. Le gouvernement unioniste jugeant la zone trop dangereuse, plus aucun bus ne reliaient West Belfast. Pour nombre de Catholiques, les black taxis représentaient le seul échappatoire d'une zone fortement touchée et par le sectarisme et par la pauvreté -l'un entraîne l'autre?- et l'unique moyen d'aller travailler. Et c'est vrai que quand on doit se rendre au centre ville, ça fait une trotte! Les chauffeurs risquaient d'ailleurs leur vie tous les jours, puisque très utilisés par la communauté catholiques, ils étaient les cibles des attaques loyalistes. Bref, un fort héritage dans le Belfast d'aujourd'hui.

Les black cabs sont toujours là, et comprenant l'intérêt touristique de la zone, se sont organisés: se proposant de faire découvrir les fresques républicaines et loyalistes pour la modique somme de £10, et sont le plus souvent conduits par d'anciens prisonniers politiques. Ces taxis sont assez distinctifs, puisqu'en plus des siège arrières traditionnels, des strapontins leur font face, ce qui fait qu'on peut facilement caser 5 ou 6 personnes! J'en ai pris un une seule et unique fois -et même pas dans West Belfast- et c'était assez drôle. Occasionnellement, ils font également office de taxis traditionnels.

Les autres sont partout dans la ville, et assez abordables: un aller simple de chez moi à la gare routière, qui est dans le centre-ville, me coute £4 si je suis chanceuse avec les feux rouge -ou sinon, c'est 25min à pied- donc quand j'ai la flemme, je n'hésite pas, surtout si on est beaucoup à rentrer dans la même direction!

Les taxis sont un formidables de rentrer sain et sauf chez soi après une soirée trop arrosée -non pas que ça me soit arrivé, ou si peu! C'est assez impressionnant d'ailleurs, à 1h du matin, les pubs ferment et vomissent les foules sur les trottoirs. Vous imaginez sans peine leur gravité bancale surtout que les nanas sont perchés sur des chaussures à talon comme j'en ai jamais, donc ça tangue pas mal! Mais pas de panique, les chauffeurs de taxi sont là pour vous ramener à bon port. Adorables d'ailleurs, ils raccompagnent les gens jusqu'au pas de leur porte quand ils ne peuvent vraiment plus marcher! Une institution publique, je vous dis!