mardi 15 décembre 2009

Escapades...



Les vacances se rapprochent, de même que l'évasion vers de lointaines contrées! Vol jeudi à 15:36 pour Istanbul, puis je me lance dans l'exploration de l'Europe de l'Est en solo, avec un Nouvel An allemand en perspective. A venir beaucoup de photos, et je l'espère, beaucoup de rencontres! Joyeux Noël et bonnes vacances :)

vendredi 4 décembre 2009

Comme j'ai enfin réussi à arracher l'ordinateur des mains de Marion le temps d'écrire un post rapide, je vais carrément aller a fond dans la mauvaise foi et gribouiller un billet tout beau tout mignon qui vous dira pas grand chose mais qui vous mettra l'eau a la bouche comme un journal de chez Picard juste avant Noël.

Vu que je sais pas du tout qui lit ce blog, on va partir du principe que tout le monde ne sait pas où je suis et on va jouer aux devinettes, allez. Je vous donne 5 indices !

Unièmement : C'est le pays d'origine du genre de film que l'on nomme "Dollywood". En gros, beaucoup d'action, de danses et de chansons. Beaucoup d'effets de caméra assez incompréhensibles (l'effet bateau qui tangue, ça s'appelle). Des méchants très méchants et de belles filles lascives mais néanmoins bonnes musulmanes, toujours habillées des coudes jusqu'aux mollets. Ça coûte 20 takas la séance et ça donne ça :


Mieux que Slumdog Millionaire, avouez.

Deuxièmement : C'est un pays où "hygiène", c'est comme "Pakistan", "Gandhi" et "sécurité". Ça vient de l'étranger et limite, c'est un gros mot.
Toutes les rues principales sont des 6 voies, chacune à sens unique, sauf quand "raccourci" et "foncer dans la circulation" deviennent des synonymes. Heureusement, aucun panneau de signalisation ne vient spécifiquement l'interdire. C'est trop facile à voler et à revendre, un panneau de signalisation. Et comme les policier portent tous des uniformes en camouflage turquoise et jaune fluo, on se rend vite compte dès qu'ils bougent de leur fauteuil en plastique blanc au bord de la route.
Côté nourriture, on s'habitue vite à manger les yeux fermés et en pensant à autre chose. On essaie d'oublier les essaims de mouches posés sur les carcasses des boucheries et aux vers blancs se trémoussant sur les pois-chiches mis a sécher sur le toit que les enfants retournent avec les pieds. Et des fois, parce qu'on est un vrai warrior et qu'on a pas peur de se faciliter le transit digestif, on va faire un petit tour au marché, se mettre en appétit.


Avouez, vous aussi vous préférez quand c'est saignant.

Troisièmement : Nous sommes entre Français, parlons encore un peu de nourriture. Ici, nous sommes au pays du curry. Au poisson, au poulet, au bœuf, au jus de caniveau pour les plus pauvres (tout se recycle !). Demander "no spicey, no spicey!" est complètement illusoire. D'ailleurs; j'en ai tellement mangé que je vous met une photo de dessert, tiens ! Mais pas n'importe lequel : un dessert hi-sto-rique fabriqué avec le même lait des mêmes chèvres du même village depuis 300 ans (au moins) !


Franchement, c'est pas super bon.

Quatrièmement : C'est un des cinq pays les plus pauvres du monde. Pourtant, partout, partout, partout des champs de riz à perte de vue. Et dans un pays encore plus plat que la Belgique, c'est loin la perte de vue. Ireland may be the Emerald Isle, mais ici euh... ben c'est encore plus vert que chez eux ! Take that Ireland! (oui, j'ai pas grand chose a dire, mais je voulais quand même mettre une jolie photo).



Cinquièmement : C'est un pays où tout, tout, tout est différent.
La façon de se déplacer, en rickshaw (cyclo-pousse), en CNG (mobylette-taxi au gaz de ville), en bus qui explose sous vos fesses (testé deux fois. La première, ça fait peur) ou en taxi dont la portière vous reste dans les mains (mais c'est pas grave, le chauffeur a l'habitude et répare ça hop hop en deux minutes).
La façon de s'habiller des hommes comme des femmes. La façon de se coiffer et de se maquiller. La façon d'exprimer sa religion. Je pense que cette photo résume un peu tout ça :


Pensez ce que vous voulez, ce mec est le plus cool du monde. Et je pense qu'il s'en rend compte.


Bon, vous avez deviné? Allez, un dernier indice. Je vis et je travaille là :


Bisous internet !

- Claire

dimanche 29 novembre 2009

Peace process et réalité

Depuis 1998 et le Good Friday Agreement, l'Irlande du Nord est sensée avoir retrouvé la paix. Les affrontements loyalistes/nationalistes ont cessé avec le démantèlement de l'IRA en 2005, qui a officiellement renoncé aux actions terroristes. Et c'est vrai que depuis, Belfast semble presque apaisée, les "troubles", comme on les appelait à l'époque, finis. Après presque 30 ans de guerre civile.

Sauf que... certains groupuscules sont contre le Good Friday Agreement et le maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni. Et continuent toujours les voitures piégées et les attentats terroristes. On en a eu un exemple pas plus tard que mardi dernier. Voilà ce qu'on pouvait lire dans le Belfast Telegraph quelques heure après:

"A 400lb bomb was left at the headquarters of the Northern Ireland Policing Board in an escalation of dissident republican activity over the weekend. It only partly detonated. The Board's headquarters are in a modern office complex beside the River Lagan, and are something of a symbol of Belfast's commercial and political progress.

While no one was injured in either incident, both have driven home the unwelcome fact that, despite heightened attempts to reduce republican activity in recent months, the dissidents remain a source of violence.

Those responsible have been condemned for trying to derail peace negotiations, which are at a critical stage. Loyalist and nationalist politicians are currently at loggerheads over when responsibility for policing and justice should return to the province. Currently, those functions are carried out by politicians in London.

"Very clearly these people are trying to undermine the progress that has been made in Northern Ireland in recent years," said Britain's Northern Ireland Security Minister Paul Goggins, "When attacks like these happen, it brings people together with the strong message that these dissidents will not succeed," he said. Police said that they were doing everything possible to stop attacks. "It is a reckless act, not just in doing damage but also the potential loss of life," said Northern Ireland's police chief, Matt Baggott. "This attack is an attack on the well-being of everybody in Northern Ireland," he said."

Ajoutez à cela un échange de coups de feu à Garrison pendant le week end, entre dissidents républicains et la police, plus un attentat similaire le 16 octobre dernier, où une femme de 38 ans a été blessée en sortant de chez elle, dans un quartier jusque là épargné par les violences, même pendant les "troubles", et vous vous rendez compte que c'est quand même pas gagné pour l'Irlande du Nord.

Nationalismes se faisant face

Promis, je vous fais très vite un billet sur les troubles.

jeudi 19 novembre 2009

How football is dangerous for an Erasmus French student

Hier soir a eu lieu le très attendu match France - Irlande, dans lequel, si je ne m'abuse, les deux équipes jouaient leur entrée dans la Coupe du Monde. On donnait la France gagnante d'office, l'Irlande étant handicapée par sa défaite du samedi dernier.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu du match, mais plutôt de l'after-game... Parce que c'était chaud lapin! La main de Thierry Henry est passée, mais alors très très mal. Dans les minutes qui ont suivi la fin du match, j'ai reçu des messages d'amis Irlandais, qui, en toute amitié, me disaient pour l'essentiel "FORSHAME!" ou encore "FRENCH CHEATS!", j'en passe et des meilleurs.

Planchant sur une fiche de lecture pour le seminaire du lendemain, je ne suis pas allée dans un pub pour suivre le match, mais je peux vous dire que l'ambiance était pas folichonne entre supporters Français et Irlandais. En effet, ces derniers criaient allègrement "F****** French bastards" et autres réjouissances. Les Français ne sont d'ailleurs pas restés bien longtemps à la fin du match, vu que ça commençait à s'échauffer drôlement.

Tous les Irlandais ne sont certes pas mordus de football, ou à ce point stupides pour associer Henry à toute une nation, n'empêche que la défaite est bien amère. Et on les comprend... Pour une équipe de renommée internationale, je trouve ça lamentable d'avoir recours à de tels moyens pour gagner. Pas que j'aime le foot, m'enfin bon, un peu de fair play et de courtoisie, histoire que l'image de la France ne soit pas pire que celle qu'elle a déjà!

Pas besoin de le dire, il ne fait pas bon être Français en ce moment. Du coup, je tais un peu ma nationalité. Ce qui marche, puisqu'en plus de ne pas avoir l'accent français quand je parle anglais (apparemment, j'aurais l'accent scandinave!), je ne ressemble pas du tout à une Française typique (dixit quasiment tous les Irlandais que j'ai rencontré). Pour info, la Française typique a les cheveux bruns, les yeux marrons et la peau mate. Ceux qui me connaissent savent que je suis tout le contraire... Blonde ou rousse, ça dépend des gens (aucun coiffeur n'a jamais réussi à me dire quelle était ma couleur de cheveux), les yeux bleus et la peau très blanche, voire translucide (bon, j'exagère, seulement quand je suis malade!). Mon côté breton, je suppose. Pas besoin de vous dire que je me fonds plutôt bien dans le décor!

Un petit pot pourri des images qui fleurissent sur la toile depuis hier (à peine 10 minutes après le match, des groupes du genre "We Irish hate Thierry Henry the cheat" ou "France should apologize to Ireland" ont vu le jour sur FB, avec un nombre conséquent de membres).

J'aime assez celle là, notamment les yeux de la gamine, le moins qu'on puisse dire, ce qu'elle a pas l'air contente!


Le cliché classique. Mais on en mange pas on vous dit!


Ça c'est pas très gentil. Vous avez même pas de pain frais, bandes de barbares!


Ou comment assimiler une équipe de foot à une nation tout entière.


Là, je suis plutôt d'accord. C'est tout simplement lamentable. L'Afrique à portée de main... une expression qui n'aura jamais été plus vraie.

Pour ne pas fermer les yeux!


Le Khan El Khalil est le souk-à-touriste de base au Caire! L'insupportable souk où on tente de te vendre des chameaux en tissus, des boites en mosaïque avec des pyramides et des pharaons du meilleur gout, des poufs en peau de chameau et des tenues de danseuses orientales... l'incontournable attraction pour tout bon touriste qui fait marcher le commerce!
Je suis bien sure allée au Khan El Khalil à mon arrivée en tant que gentille occidentale qui fait confiance au guide du routard... j'ai trouvé ça agaçant et kitch mais passons, c'est un passage obligé!
La semaine passée, je me suis de nouveau rendue dans le quartier pour voir les coulisses... et là... je n'ai eu qu'une envie fermer les yeux et rentrer chez moi...
Ce sont des petites mains d'enfants qui tissent les tapis, de pauvres mains malades d'hommes mal nourris et mal soignés qui fabriquent les boites en marqueterie, de tristes yeux usés qui imaginent des papyrus colorés, des jambes boiteuses et blessées qui transportent tous ces présents pour Occidentaux jusqu'au souk voisin, ce sont de terribles visages édentés et maigres, aux yeux sans vie qui vous regardent, vous dévisagent, vous qui traversez leur territoire, leur quartier : de la boue, des moutons, des gravats, des détritus, des ateliers... des enfants qui jouent, des enfants qui travaillent dans la maison voisine... une enfant qui tissent un tapis dans le fond d'un atelier, cinq ans a peine... son visage calme, ses mains appliquées et déjà aguerries comme si c'était normal, comme si ça place était là derrière ce métier...
quelques heures plus tard, je me trouvais en compagnie d'un petit garçon doté d'un magnifique portable hyper technologique au milieu d'un salon immense pour l'aider à faire ses devoirs...
La réalité en face... Lucidité forcée...