Après avoir failli louper le bus qui nous conduit de Santiago à Copiapo (12h de trajet, de nuit, l'idéal pour ne pas perdre une journée de vacances), nous arrivons à destination le dimanche à 9h du matin. Evidemment, la ville est déserte, et ne présente de toute façon pas beaucoup d'intérêt. Nous décidons donc de ne pas nous atarder et de filer directement vers Caldera, à 1h de bus, pour sentir enfin l'air de la mer... Arrivée sur place, un vent frais nous accueille : eh oui, le soleil est bien au rendez-vous (aucun nuage à l'horizon), mais la température est considérablement refroidie par ce vent qui ne cessera de souffler pendant les trois jours ! Bronzer sur la plage est alors exclus, puisque les gros pulls sont de rigueur près de la côte... Nous ne nous laissons pas démoralisées, et décidons d'aller installer notre tente à Bahia Inglesa (à 10 minutes de Caldera), afin d'aller enfin admirer ces eaux cristallines décrites dans mon Lonely Planet.
L'endroit est désert, et notre tente est la seule du camping ! Comme nous avions oublié les piquets à Santiago, il nous faut remplir la tente de pierres pour éviter qu'elle ne s'envole ! Et même avec tout cet équipement, nous ne sommes pas très rassurées à l'idée de quitter le camping, la tente sera-t-elle là à notre retour ?
Nous partons ensuite à la découverte de la station balnéaire : les plages sont effectivement magnifiques, avec des eaux turquoises, des rochers, des cactus... Quelques promeneurs du dimanche profitent également de cette belle journée, mais globalement nous sommes un peu seules au monde ! Ce n'est pas désagréable... A la recherche d'un cyber café, nous questionons des artisans vendant des bijoux dans des petites cabanes, qui nous apprennent que le plus proche est... à Caldera... L'un d'eux nous propose gentiment d'utiliser son ordi portable personnel, et nous invite à venir nous abriter du vent dans sa cabane. Il m'offre même une dent de requin fossilisée et me montre ses créations, puis il nous propose de manger avec eux le soir même. Nous acceptons et reprenons notre chemin. Bahia Inglesa étant très petite, nous repartons en stop vers Caldera, pour profiter de l'activiter du port. Nous mangeons du poisson sur la cale en compagnie de nos deux chauffeurs, puis allons nous reposer sur une plage... Attention aux bourrasques de sable ! Le soir, nous retournons à Bahia Inglesa. Nous retrouvons les artisans et pêcheurs rencontrés le matin ; ils nous offrent du poisson, de l'alcool... L'ambiance est sympa, il n'y a que des hommes, tous bourrés car ayant commencé à boire dès le midi... Il n'y a presque aucunes femmes dans ce village, alors forcément, deux jeunes filles, de plus Européennes, ne passent pas innaperçues... Certains se montrent un peu pesants, mais globalement la soirée se passe bien. On parle de tous : de politique, d'amour, de legendes et de croyances marines, de la Pachamama, de la vie dans le Nord du Chili, de l'isolement, de l'Europe... J'ai pour la première fois l'impression de faire de vraies rencontres, avec ces hommes qui nous offrent à manger et à boire sans rien demander en échange. Pour la deuxième nuit, nous restons même dormir chez Michel, dans sa maison entourée de plantes médicinales, de cactus hallucinogènes, décorée de multiples babioles colorées et d'objets marins...
Nous découvrons également la côte le deuxième jour : nous nous rendons en stop au Santuario de la Naturaleza Granito Orbicular. Là, le désert s'avance jusque dans la mer, parsemé de roches aux formes étranges. Nous découvrons également un repère de loups de mer : le bruit de ces bêtes est impressionnant, ils étaient au moins une cinquantaine, posés sur un rocher, à se prélasser au soleil et à crier. A l'abri d'un rocher nous nous offrons une petite sieste : enfin, il fait chaud !
De retour chez Michel, nous profitons de la tranquilité de sa maison. Il me prépare des infusions avec ses plantes médicinales pour guérir ma toux (résultat mitigé, mais attention très gentille !), nous cuisine un délicieux repas de pâtes au poisson : un délice !
Le lendemain, Michel nous emmène pour une promenade en bateau dans la baie. Les vagues ne sont pas énormes, mais nous ne sommes pas rassurées... Il nous montre les installations des pêcheurs, nous fait passer près de rocher fréquentés par des pélicans et autres oiseaux marins... Bref, nous en prenons plein les yeux ! A notre retour sur la terre ferme, nous nous lançons dans la préparation de crabes (une vingtaine, pour quatre personnes !), puis allons profiter d'un dernier coucher de soleil sur la baie avant de filer vers Caldera, où nous devons prendre un bus pour Copiapo puis Santiago. Nous sommes prises en stop par un couple de quinquagénères. Ils doivent s'arrêter à Caldera pour une heure, mais nous proposent de nous conduire ensuite à Copiapo, là où ils habitent. Encore un trajet de bus d'économisé ! Ils sont tous les deux adorables, nous parlent avec pudeur et émotion de leurs 30 ans de mariage, de leurs enfants et petits enfants, en nous faisant écouter à fond de la pure cumbia chilienne ! Buena onda !
A Copiapo, nous reprenons la direction de Santiago. Encore une nuit dans le bus. On arrive le mercredi matin à 9h, juste à temps pour moi pour aller à la fac ! Retour à la vie normale...
C'est la première fois que je voyage de cette façon, en me laissant guider par les rencontres, loin des lieux hyper-touristiques, en faisant du stop, en mangeant et dormant chez les gens... et ça me donne envie de continuer ! J'ai vraiment eu l'impression de rencontrer le Chili et ses habitants, et ce voyage de trois jours m'en a appris plus sur la culture chilienne, sur la vie quotidienne des gens qui y vivent, que mes 2 mois et demi passés à Santiago réunis ! Sachant que le Chili est un pays très divers, long de près de six mille kilomètres, je me dis que j'ai encore de belles rencontres devant moi...
PS : désolée, j'abandonne pour les photos... Je les posterai sur facebook pour les intéressés !
Portez-vous bien !
Ça devait être super coul! C'est pour ça que j'ai opté pour le stop, c'est vraiment le mieux pour rencontrer des gens... et pour voyager pas cher!
RépondreSupprimerEt n'abandonne pas pour les photos! Même si tu peux pas en mettre beaucoup parce que c'est trop galère, mets en au moins une ou deux, un article est plus sympa quand y'a des photos... Ou mets les sur Flickr, c'est tellement plus pratique et plus rapide que FB... Parce que du coup j'ai quasi vu aucune de tes photos - je vais pas sur FB, j'aime pas ça >.>
Gamiiiiil!!!!!
RépondreSupprimerTrop coool, ça c'est de la bonne aventure qu'on oublie pas de si tôt!
Je t'embrasse ya aini !
PS : écoute pas Marion pour les photos... elle veut toujours plus, elle est casse bonbon, et de toutes façons on l'aime pas !