dimanche 29 novembre 2009

Peace process et réalité

Depuis 1998 et le Good Friday Agreement, l'Irlande du Nord est sensée avoir retrouvé la paix. Les affrontements loyalistes/nationalistes ont cessé avec le démantèlement de l'IRA en 2005, qui a officiellement renoncé aux actions terroristes. Et c'est vrai que depuis, Belfast semble presque apaisée, les "troubles", comme on les appelait à l'époque, finis. Après presque 30 ans de guerre civile.

Sauf que... certains groupuscules sont contre le Good Friday Agreement et le maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni. Et continuent toujours les voitures piégées et les attentats terroristes. On en a eu un exemple pas plus tard que mardi dernier. Voilà ce qu'on pouvait lire dans le Belfast Telegraph quelques heure après:

"A 400lb bomb was left at the headquarters of the Northern Ireland Policing Board in an escalation of dissident republican activity over the weekend. It only partly detonated. The Board's headquarters are in a modern office complex beside the River Lagan, and are something of a symbol of Belfast's commercial and political progress.

While no one was injured in either incident, both have driven home the unwelcome fact that, despite heightened attempts to reduce republican activity in recent months, the dissidents remain a source of violence.

Those responsible have been condemned for trying to derail peace negotiations, which are at a critical stage. Loyalist and nationalist politicians are currently at loggerheads over when responsibility for policing and justice should return to the province. Currently, those functions are carried out by politicians in London.

"Very clearly these people are trying to undermine the progress that has been made in Northern Ireland in recent years," said Britain's Northern Ireland Security Minister Paul Goggins, "When attacks like these happen, it brings people together with the strong message that these dissidents will not succeed," he said. Police said that they were doing everything possible to stop attacks. "It is a reckless act, not just in doing damage but also the potential loss of life," said Northern Ireland's police chief, Matt Baggott. "This attack is an attack on the well-being of everybody in Northern Ireland," he said."

Ajoutez à cela un échange de coups de feu à Garrison pendant le week end, entre dissidents républicains et la police, plus un attentat similaire le 16 octobre dernier, où une femme de 38 ans a été blessée en sortant de chez elle, dans un quartier jusque là épargné par les violences, même pendant les "troubles", et vous vous rendez compte que c'est quand même pas gagné pour l'Irlande du Nord.

Nationalismes se faisant face

Promis, je vous fais très vite un billet sur les troubles.

jeudi 19 novembre 2009

How football is dangerous for an Erasmus French student

Hier soir a eu lieu le très attendu match France - Irlande, dans lequel, si je ne m'abuse, les deux équipes jouaient leur entrée dans la Coupe du Monde. On donnait la France gagnante d'office, l'Irlande étant handicapée par sa défaite du samedi dernier.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu du match, mais plutôt de l'after-game... Parce que c'était chaud lapin! La main de Thierry Henry est passée, mais alors très très mal. Dans les minutes qui ont suivi la fin du match, j'ai reçu des messages d'amis Irlandais, qui, en toute amitié, me disaient pour l'essentiel "FORSHAME!" ou encore "FRENCH CHEATS!", j'en passe et des meilleurs.

Planchant sur une fiche de lecture pour le seminaire du lendemain, je ne suis pas allée dans un pub pour suivre le match, mais je peux vous dire que l'ambiance était pas folichonne entre supporters Français et Irlandais. En effet, ces derniers criaient allègrement "F****** French bastards" et autres réjouissances. Les Français ne sont d'ailleurs pas restés bien longtemps à la fin du match, vu que ça commençait à s'échauffer drôlement.

Tous les Irlandais ne sont certes pas mordus de football, ou à ce point stupides pour associer Henry à toute une nation, n'empêche que la défaite est bien amère. Et on les comprend... Pour une équipe de renommée internationale, je trouve ça lamentable d'avoir recours à de tels moyens pour gagner. Pas que j'aime le foot, m'enfin bon, un peu de fair play et de courtoisie, histoire que l'image de la France ne soit pas pire que celle qu'elle a déjà!

Pas besoin de le dire, il ne fait pas bon être Français en ce moment. Du coup, je tais un peu ma nationalité. Ce qui marche, puisqu'en plus de ne pas avoir l'accent français quand je parle anglais (apparemment, j'aurais l'accent scandinave!), je ne ressemble pas du tout à une Française typique (dixit quasiment tous les Irlandais que j'ai rencontré). Pour info, la Française typique a les cheveux bruns, les yeux marrons et la peau mate. Ceux qui me connaissent savent que je suis tout le contraire... Blonde ou rousse, ça dépend des gens (aucun coiffeur n'a jamais réussi à me dire quelle était ma couleur de cheveux), les yeux bleus et la peau très blanche, voire translucide (bon, j'exagère, seulement quand je suis malade!). Mon côté breton, je suppose. Pas besoin de vous dire que je me fonds plutôt bien dans le décor!

Un petit pot pourri des images qui fleurissent sur la toile depuis hier (à peine 10 minutes après le match, des groupes du genre "We Irish hate Thierry Henry the cheat" ou "France should apologize to Ireland" ont vu le jour sur FB, avec un nombre conséquent de membres).

J'aime assez celle là, notamment les yeux de la gamine, le moins qu'on puisse dire, ce qu'elle a pas l'air contente!


Le cliché classique. Mais on en mange pas on vous dit!


Ça c'est pas très gentil. Vous avez même pas de pain frais, bandes de barbares!


Ou comment assimiler une équipe de foot à une nation tout entière.


Là, je suis plutôt d'accord. C'est tout simplement lamentable. L'Afrique à portée de main... une expression qui n'aura jamais été plus vraie.

Pour ne pas fermer les yeux!


Le Khan El Khalil est le souk-à-touriste de base au Caire! L'insupportable souk où on tente de te vendre des chameaux en tissus, des boites en mosaïque avec des pyramides et des pharaons du meilleur gout, des poufs en peau de chameau et des tenues de danseuses orientales... l'incontournable attraction pour tout bon touriste qui fait marcher le commerce!
Je suis bien sure allée au Khan El Khalil à mon arrivée en tant que gentille occidentale qui fait confiance au guide du routard... j'ai trouvé ça agaçant et kitch mais passons, c'est un passage obligé!
La semaine passée, je me suis de nouveau rendue dans le quartier pour voir les coulisses... et là... je n'ai eu qu'une envie fermer les yeux et rentrer chez moi...
Ce sont des petites mains d'enfants qui tissent les tapis, de pauvres mains malades d'hommes mal nourris et mal soignés qui fabriquent les boites en marqueterie, de tristes yeux usés qui imaginent des papyrus colorés, des jambes boiteuses et blessées qui transportent tous ces présents pour Occidentaux jusqu'au souk voisin, ce sont de terribles visages édentés et maigres, aux yeux sans vie qui vous regardent, vous dévisagent, vous qui traversez leur territoire, leur quartier : de la boue, des moutons, des gravats, des détritus, des ateliers... des enfants qui jouent, des enfants qui travaillent dans la maison voisine... une enfant qui tissent un tapis dans le fond d'un atelier, cinq ans a peine... son visage calme, ses mains appliquées et déjà aguerries comme si c'était normal, comme si ça place était là derrière ce métier...
quelques heures plus tard, je me trouvais en compagnie d'un petit garçon doté d'un magnifique portable hyper technologique au milieu d'un salon immense pour l'aider à faire ses devoirs...
La réalité en face... Lucidité forcée...

lundi 16 novembre 2009

Il pleut, il mouille!

Elle devient très vite ta meilleure amie. Tu apprends à la supporter. De toute façon elle est là tous les jours, alors, bon gré, mal gré, tu t'y habitues. Et puis, elle a son charme. Tu sais que tu peux toujours compter sur elle. Elle sait aussi se retirer quand elle sent qu'elle se fait trop pesante. Elle sait aussi revenir...

Je parle de la pluie, bien sur! Omniprésente en Irlande, puisqu'on en a au moins tous les jours. Le piéton intelligent fait vite l'acquisition d'un parapluie, élément indispensable pour ne pas finir trempé en fin de journée. MAIS elle a cependant quelque chose de particulier: elle ne dure jamais. Ne jamais partir battu! Une journée qui commence sous la flotte peut se finir avec un très beau coucher de soleil. Le maître mot: imprévisibilité. C'est LE mot qui définit l'Irlande.

Le plus fou, c'est la rapidité avec laquelle le temps change. En l'espace de 10 minutes, on passe d'un temps de chien à un début de printemps. Les Irlandais ont souvent l'habitude de dire que dans une journée, on peut avoir 4 saisons, et le pire, c'est que c'est vrai! D'ailleurs, il faut le souligner, l'eau est gratuite en Irlande... on se demande bien pourquoi!

La preuve en image

Rathlin Island: il a plu pendant trois heure,s un véritable déluge. Le ferry ne pouvait pas repartir avec ce temps, je commençais à désespérer...

En un quart d'heure, tout s'est levé, le soleil est revenu, le vent est tombé et la pluie s'est arrêtée. Incroyable.
5 minutes plus tard...


C'est vrai que quand il pleut beaucoup, on a tendance à pas trouver ça très sympathique. Mais je trouve que justement, ça nous fait davantage apprécier le petit rayon de soleil... En rentrant de Tesco tout à l'heure, les nuages étaient magnifiques, et la lumière irréelle. Après avoir plu pendant une heure, voilà le soleil qui revenait... Bien sur, une fois rentrée à la maison, rebelote, la pluie. Devinez quel temps il fait, là tout de suite, au moment où j'écris?

dimanche 15 novembre 2009

Big Brother?

Un truc qui frappe quand on vit à Belfast, et ça doit être le cas pour toutes les villes en UK, c'est cette obsession de sécurité qui entoure les pauvres citoyens que nous sommes. Ne serait-ce qu'avec l'exemple le plus visible: les caméras de surveillance. "CCTV is watching you" est dans toutes les rues, tous les magasins, et même dans les parcs. Et c'est tellement discret qu'on en arrive même à les oublier, ces petites machines!

Le premier jour à Queen's, on avait assisté à une conférence "sécurité", où un policier nous avait gentiment expliquer quels dangers planaient sur nous, avec toutes une liste de ce qu'il fallait faire (être toujours avec quelqu'un, être prudent, éviter les endroits glauques) et ne pas faire (ne jamais rentrer seule, ne pas boire (trop) d'alcool, ne pas rentrer trop tard), le genre de recommandations qu'on nous a pourtant rabâché depuis notre échappée du nid familial (merci Maman!). Le tout avec une jolie petite clé USB avec de beaux Power Point pour nous montrer à quel point le monde était dangereux.

Mais ça ne s'arrête pas là: tout autour du quartier de l'université foisonnent les panneaux "Campus Watch", où l'on nous rappelle aimablement que des gardes de sécurité patrouillent au cas où l'envie prendrait un méchant monsieur de nous attaquer! L'autre jour, je me promenais dans le centre ville, et j'ai remarqué une borne spéciale "appels urgents" qui nous met en contact direct avec la police, gratuitement et en un temps record. Ajoutez à cela les fréquents passages d'hélicoptère la nuit...

Le feu est également un problème que tout le monde prend au sérieux. TOUTES les maisons ont des portes à incendie "Fire door, keep shut", et dans la mienne, j'ai même des détecteurs de fumée dans toutes les pièces, sauf dans la cuisine, parce qu'ils sont malins, les gens, ils ont mis un détecteur de chaleur en prévision des catastrophes ambulantes comme moi qui ne savent pas cuisiner! (cela dit, j'ai quand même réussi à déclencher l'alarme en faisant fondre du chocolat, j'avais pas fermé la porte de la cuisine, et toute la fumée est bien évidemment partie dans le couloir).

Tout ça pour dire qu'on sent que Big Brother, bah il est bel est bien là. Si on rajoute à cela les programmes télé qui font PEUR parce que y'a plein de bad guys dans les rues (qui sont souvent noirs, ou musulmans, c'est plus à la mode aujourd'hui), ben, les gens, ils savent qu'il ne faut pas rigoler avec la sécurité!

Y'a quand même d'autres gens qui savent en rire



Et on arrive à vivre avec, hein. Je vous dis, on arrive même à les oublier. C'est juste que... Jusqu'où ça peut aller? Comment disait machin, "Those who sacrifice liberty for security deserve neither." C'est dit très pompeusement, mais c'est dit quand même.