vendredi 25 septembre 2009

Arthur's Day

Imaginez un jour où les pubs sont plus que pleins, où la bière est à l'honneur, où la pinte est à 2,5£. Et pas n'importe quelle pinte... la Guinness! Car Jeudi 24 Septembre, chers amis, fut le 250e anniversaire de la création de ce breuvage sacré pour les Irlandais.

L'endroit à être en ce jour de beuverie est bien sur Dublin. C'est quand même là-bas que la Guinness a vu le jour et que se visite la brasserie du même nom. Petit historique, parce que ça en vaut la peine:

La Guinness, c'est d'abord un homme. Arthur, c'est son prénom, s'est mis en tête de créer une bière qui allait traverser les siècles et devenir l'emblème de tout un pays, le monument incontournable de toute une culture. S'inspirant d'une bière londonienne intégrant dans sa recette de l'orge torréfié (ou brûlé), il crée en 1759 la fameuse stout noire. Aujourd'hui, c'est plus de 10 millions de verres de Guinness qui sont servis à travers le monde chaque jour... Et le garçon avait le nez fin (ou de l'audace, comme vous voudrez), parce qu'en créant sa brasserie, il signa un bail de 9000 ans, lui assurant une retraite sympathique pour lui et ses descendants s'il avait vu juste. Et il a eu raison, le bougre, parce que les Guinness ont toujours le monopole et vivent plutôt bien leur vie aujourd'hui!

Et c'est vrai que la Guinness, ce n'est plus seulement une bière brune, c'est carrément tout un mode de vie. Faut dire que le marketing a été particulièrement réussi. Tout le monde connaît les affiches Guinness des années 20, mettant en scène le célèbre toucan amateur de stout... Mais aussi tous les produits dérivés, allant des balles de golf aux chaussons, des décapsuleurs au déstressant.

Pour savoir si vous avez entre les mains une bonne Guinness (je veux dire par là une Guinness réussie, parce que pour moi, réussie ou non, elles ont toute le même goût, à savoir franchement pas terrible), il suffit de dessiner sur la mousse - le trèfle est une tradition - et si les marques restent jusqu'à la dernière gorgée, alors c'est qu'elle était bien faite. La Guinness se tire amoureusement, en deux fois, lentement, sans se presser. Ne soyez pas étonnés si vous avez votre verre devant vous, qui vous semble parfait à vous, pauvres novices, et que le serveur n'ait pas l'air décidé à vous le donner. Il attend que la mousse remonte et se forme pour tirer la bière une deuxième fois. Une religion ici, je vous dis...

Ainsi, on Arthur's Day, si vous allez dans un pub, vous ne pouvez pas passer à côté d'un verre de Guinness. Et même si vous n'aimez pas! Sur ce, slainte!

samedi 19 septembre 2009

"Hey folks! What's the craic?"

C'est à peu près ce que j'entends depuis mon arrivée ici, c'est à dire depuis lundi après-midi. Cette phrase, sachez-le, est hautement culturelle, et est indispensable pour s'insérer dans la civilisation belfastoise! Après être arrivée par avion (j'avais considéré la nage comme une option possible après avoir vu dans quelle galère je m'étais fourré en choisissant une compagnie low cost, qui, pour un an de ta vie, ne te donne droit qu'à 20kg, et ce à répartir ans deux sacs en soute...), j'ai retrouvé James, mon coloc Irlandais, qui a eu la gentillesse de venir me chercher à l'aéroport et de m'aider avec mes bagages (rappelez vous, j'avais trois sacs de 10kg chacun!). Et... surprise! Il fait beau! De l'avion, je m'étais méfiée, parce que autant en survolant la manche, je voyais la mer, autant en arrivant près des côtes irlandaises, je ne voyais plus qu'une mer de nuage... Et ben non, y'a du soleil! Et la crème de la crème, c'est que ça continue, parce que j'écris ce mail samedi, et le temps est magnifique! Bon, pour ce qui est de la température, la c'est quand même un peu froid... Même si apparemment, les Irlandaises n'en ressentent pas les effets! En effet, les jolies demoiselles se promènent en mini-jupes, dos nus et autres nus-pieds, alors que nous, pauvres étrangers que nous sommes, pouvons à peine supporter la morsure brulante du froid sous nos écharpes et nos manteaux! C'est pourquoi j'en suis venue à la conclusion qu'elles devaient s'enduire de graisse de phoque avant de sortir la nuit. Mais, (et c'est encore une conclusion), pour draguer, la graisse de phoque, c'est quand même pas le top du top. Du coup, je sais pas trop...
Bon, je suis quand même venu en Irlande pour étudier, et Queen's, c'est quand même pas n'importe quelle fac. Déjà, rien que le bâtiment, ça en jette. L'accueil était génial, des étudiants Irlandais venaient nous aider dès qu'on ne savait plus où aller (et même quand on le savait!). Par contre, c'est le même capharnaüm dans l'administration que notre cher IEP... A la fin des deux journée d'orientation, j'ai emmagasiné tellement d'infos que je ne sais plus où donner de la tête... Asso, swine flu, bibli, Queen's online, banque, modules, emploi du temps... There's a lot to do!

Le buffet du vendredi soir était génial, car c'est vraiment à ce moment que tout le monde était mélangé et qu'on a pu parler et sortir un peu du groupe de sa nationalité. Parce qu'on a beau se dire qu'une fois là bas, pas question d'aller avec des Français, les bonnes résolutions s'effondrent comme des châteaux de carte une fois confrontées à cette terrible barrière qu'est la langue! C'est pas faute d'avoir essayer pourtant, mais au bout de trois ou quatre questions... gros silence. Et gros malaise. Et puis, c'est pas entièrement ma faute, les Français doivent être les 2e ou 3e plus gros groupes d'étudiants étrangers à Queen's, avec les Espagnols, les Américains et les Chinois. Mais ça commence à venir!

Même si Belfast n'est pas une ville qu'on pourrait qualifier de "belle", comme autres Grenade et Venise, elle a un charme indéniable, que j'aime beaucoup. Pas encore eu le temps de visiter vraiment, mais dans la semaine qui arrive, c'est THE Fresher's Week, donc je comblerai vite mes lacunes! Oh, et j'ai trouvé du fromage aujourd'hui! Du bleu! En plus, on m'a dit qu'il y avait une boutique de fromages (mais QUE de fromages) dans le centre ville, va falloir que j'aille creuser... Parce qu'ils sont bien gentils avec leur Cheddar, mais j'appelle pas ça du fromage moi! Autre chose aussi... je pense que je vais tenir une check-list des différentes sortes de biscuits du coin, parce que y'en a un sacré paquet!

Sinon, dans le genre typically Irish, les feux rouge étranges où les piétons et les voitures ont le feu vert en même temps, le thé à toute heure du jour ou de la nuit (phénomène intergénérationnel auquel on s'habitue très rapidement, ne serait-ce que pour accompagner son thé avec des biscuits bizarres), les douches rebelles qui sont soit trop chaudes soit trop froides, et le courrier qui tombe directement sur le paillasson dans un bruit d'enfer. Oh, et j'allais oublier: on m'a déjà demandé si j'étais vraiment Française, parce que j'avais un petit air Irlandais... Je suis Bretonne, voyons, c'est ça la Celtic Connection!

Voilà pour l'instant! A venir, la Fresher's Week et un petit tour du côté de la Chaussée des
Géants...

jeudi 17 septembre 2009

vague à l'âme, vagues larmes...

Malgré le titre, cet article ne tournera pas au mélodrame, je voudrais juste vous conter ce sentiment amer de n'être pas du tout à sa place, d'être une sorte de petit parasite qui cherche à survivre dans un environnement qui n'aurait jamais du l'accueillir.

Je savais que l'arrivée au Caire ne serait pas de tout repos, je m'étais fixé un objectif : atteindre l'hôtel! Ensuite... inch allah! Atteindre l'hôtel, oui, ça tenait un peu du challenge en cette terre inconnue réputée pour ses habitants particulièrement doués pour l'embobinage de touristes paumés.

Mon petit sac jaune fluo sur le dos et mon air d'ado attardée en bandoulière, je sors donc de l'avion puis je cherche à changer quelques euros pour payer le taxi avant de récupérer mes bagages (40kg évidemment...). Une Dame, repérée dans l'avion et relayée immédiatement par mes petits neurones dans la catégorie "vieille-belle-prétentieuse-et-arriviste", me regarde pleine de pitié et ajoute pour me mettre à l'aise "Je vais te donner mon numéro, ce sont tous des voleurs, avec ton petit air tu vas te faire avoir c'est sûr. Je bosse ici, j'ai un avocat"... "euh ben euh... merci madame..." et la Dame d'ajouter "ne tombe surtout pas amoureuse d'un égyptien, tous des menteurs... excuse moi je dois y aller c'est mon petit ami qui m'appelle, je vais le larguer"... je ne m'étais donc pas trompée... Après la rencontre de Brigitte, je cherche désespérément le taxi envoyé par Horus (pour ceux qui n'ont rien suivi, Horus c'est le nom de l'hôtel, je n'hallucine pas totalement encore, je n'attendais pas une apparition divine). Après avoir interrogé plusieurs chauffeurs de taxi tendant désespérément leurs pancartes aux noms de leur futurs passagers, je me résous à choisir un taxi parmi ceux qui se trouvent là, attendant avec impatience de prendre dans leurs griffes les malheureux voyageurs hagards et exténués après plusieurs heures d'avion.
Montée dans le taxi... je me sens presque sauvée... je sais que je devrais négocier la course en arrivant, je sais que je n'en aurais pas du tout l'envie ou même la patience... il est 23h, j'ai passé cinq heures dans l'avion... je veux seulement un lit... Mais un taxi au Caire n'est pas un taxi parisien, il a bien plus de fougue, malgré ses boulons qui sautent, ses poignées de portes déglinguées, sa carrosserie cabossée, le bolide se lance dans un slalom des plus impressionnant! Une seule devise "ne jamais s'arrêter", pour cela possibilité de tenter de faire dégager les autres caisses pourries à grands coups de klaxon ou choisir de doubler par la droite ou la gauche... et peu importe si le marquage indique trois voies, on roule très facilement à six de front... Et le passager ne pouvant même pas s'agripper à sa ceinture de sécurité, inexistante, regarde avec une certaine appréhension les rétros qui se frôlent les ongles enfoncés dans le siège et s'efforce d'avoir l'air décidé et sûr de lui de l'habitué auquel on ne la fait pas... seul moyen d'avoir une petite chance de ne pas payer la course trois fois son prix. Finalement, j'atteins après une heure d'anxiété mon hôtel...j'apprendrais bientôt que je dois tout de même payer la course du chauffeur de l'hotel qui m'a lâchement abandonnée , « ah … je me disais aussi que je m'en sortais bien... »
Le concierge me mène au quatrième étage en soupirant fatigué de l'exploit physique que je lui impose : monter dans un ascenseur...
J'ai enfin une chambre... je veux juste m'y enfermer et ne plus voir personne... juste rester là et survivre en mangeant des biscuits... et puis, j'ai une télé, j'ai France 2... pour la première fois de ma vie, je préfère largement France 2 à toute autre activité...
Je loupe le déjeuner le lendemain, incapable de me sortir de mon lit, et trouve tout de même la force de chercher le DEAC en espérant y trouver un peu de soutien … après une longue explication au chauffeur de taxi qui ne comprend pas un mot d'anglais, il me dépose, près du DEAC... mais pas exactement devant... après avoir interrogé trois ou quatre policiers et autres concierges, je me trouve devant le consulat, mais pas de trace du DEAC... je reste plantée devant la porte du consulat indécise, une voix sort tout à coup de l'interphone sans même que j'ai esquissé un geste dans sa direction! "Le DEAC est juste de l'autre côté du batiment", sauvée par big brother! Aucune idée de la façon dont il a su que j'étais devant la porte, le Caire ne vous laisse jamais vous perdre tranquilement...
J'atteins le DEAC, couverte de sueur et épuisée, je pense trouver un asile, un secours... après avoir suivi des flèches dans des couloirs vide, je n'ai le droit qu'à « vous êtes la première! Donnez moi votre numéro quand vous aurez un numéro égyptien au cas ou d'autres cherchent une coloc... voilà l'adresse d'un agent immobilier »... je ne fais confiance aux agents immobilier... merci pour le tuyau... « au revoir... » …
Je rentre et trouve la connexion internet, résolue à passer un moment entre internet et france2, une furieuse envie de repartir dans l'autre sens pour juste me délecter d'une journée totalement ennuyeuse à attendre le retour de mes parents à l'heure des repas pour qu'ils me parlent encore et encore des mêmes problèmes, qu'ils me demandent milles fois ce qu'on pourra bien manger au repas suivant... moi je n'ai même pas envie d'aller acheter de l'eau alors je bois celle du robinet qui a un goût de javel exquis, il doit pourtant y avoir un épicier tout près mais pour y aller il faudrait que je sorte de ma chambre. Or dans un hôtel égyptien, l'amabilité veut qu'on t'adresse des salutations et qu'on demande de tes nouvelles dès que tu mets le nez dehors. C'est terriblement sympathique mais pas lorsqu'on a juste envie de se recroqueviller sur soi... Alors les écouteurs dans les oreilles, quelques photos, quelques discussions sur internet, je regarde le temps passer espérant que tout s'arrange, que je prenne goût à l'aventure...


Elsa m'a sauvée, au Caire depuis deux mois, amoureuse de la ville, elle m'emmène le soir même vivre une jolie soirée cairote à regarder les bateaux mouches locaux, leurs lumières trop agressives, leurs musiques tapageuses, ce merveilleux manque de finesse légèrement enfantin, innocent... bref, une vision très douce à mon esprit paranoïaque, voyant en cette ville un nid d'escrocs prêt à tout pour soutirer un peu d'argent au touriste inexpérimenté... Je rentre à 4h du matin, réconciliée avec le Caire, séduite par ma virée nocturne, confiante...

Je repars à la conquête du Caire pour visiter des apparts... chaque fois la même aventure, trouver un taxi, lui expliquer où je veux aller en arabe, négocier le prix, chercher partout l'immeuble, téléphoner trois fois à la coloc, découvrir un appart bien mais trop loin, une coloc adorable mais un appart pourri, un appart nickel et une mégère dedans... et après une visite rentrer exténuer à l'hôtel, prendre une douche et finir la journée affalée sur mon lit nue avec la clim à fond devant france 2 à grignoter des céréales... (pardon s'il y a des messieurs qui lisent, vous allez en rêver pendant quinze jours, je n'aurais jamais dû décrire ce spectacle ravissant...)

Et puis il y a les jolies rencontres... Parmi elles, ma coloc actuelle dont je vous reparlerai sans doute et puis surtout deux messieurs de plus de soixante qui m'ont adoptée comme leur petite-fille à l'hotel... Parlant tous les deux français, deux égyptiens ayant vécu en France et en Italie partis dans leur jeunesse à la conquête de l'Europe... Le plus jeune des deux m'a fait visiter le quartier me racontant les histoires des Eglises, des maisons, des villas, des ambassades, les tours des nonnes coptes (les chrétiens locaux), la ruine des riches familles sous Nasser et le gachis égyptien, le Caire des années 1920... puis il m'a guidée au Khan El Khalili, le repère des touristes en short. La bas, accompagnée d'un arabophone dans le souk, je me sens presqu'à ma place...

Aujourd'hui, j'ai investi mon appartement après avoir crains ne jamais pouvoir payer l'hotel. Mon chez-moi est situé dans un quartier trop loin du centre ville... mais il est plein de lumière et ici l'atmosphère est plus respirable... Bien sûr encore de mauvaise surprises, les encadrements de porte qui tombent en ruine, les fourmis dans la baignoire, la pomme de douche qui semblait si propre ne laissant s'échapper qu'un mince filer d'eau (elle doit être réparée ...), la poussière qui envahit ma chambre, les chiens errants aboyant la nuit... Mais j'ai enfin la possibilité de me faire à manger et de trainer toute la journée dans une tenue « indécente » mais tellement plus confortable...

(désolée les photos ... je ne m'en sors pas, je dois avoir un truc qui cloche... mais je ne sais pas quoi, j'ai tenté d'en ajouter, raté!)

samedi 12 septembre 2009

serrez les dents, aggripez vous aux accoudoirs, décollage imminent


Je suis une des dernières à me lancer dans l'aventure, dernière execo! Marion et moi partons le même jour, du même aéroport, à la même heure, du même terminal! Tout ça sans concertation, ça force l'admiration, y a pas à tortiller! Jolie connection télépathique ADSL illimitée!

J'ai regardé partir les autres pendant deux mois en me disant « ça doit franchement être supermégaétrange de décoller pour un an! ». Finalement j'ai même pas peur! Non, non, non! Mis à part quelques moments de léger flottement au cinéma en réalisant que non! Je ne verrais pas « Le Petit Nicolas » en film en octobre et oui... ça c'est tout de même dur.. parce que quand même, c'est le héros de mon enfance! Ou encore lorsqu'abrutie devant la télé, échouée sur le canapé, je découvre scandalisée que je n'assisterai pas à la finale d' « Un diner presque parfait »... Là oui, je me dis « zut, alors, c'est quand même bientôt qu'on décolle! »
Pardon camarades de blog si vous avez donné l'adresse à toute la famille et que la ligne éditoriale se doit d'être impécable... ce petit article est une catharsis personnelle totalement superflue et superficielle!
Je n'ai même pas peur, disais-je plus haut! Non! Parce que j'ai pensé à tout! Je n'ai pas d'appart en arrivant mais j'ai une super pension, la pension Horus recommandée par Isis, la soeur de Ramsès, c'est vrai en plus, vous qui pensiez que les pharaons étaient ensevillis sous les millénaires détrompez vous! Mais surtout sous la surveillance sans relache de Môman, je suis en régle et en parfaite santé! Je possède un VISA en bonne et dû forme, un carte d'identité à jour, un billet d'avion réservé depuis des mois et surtout j'ai la trousse à pharmacie la plus fournie de tous les temps, quatre paires de lunettes, quatre boites de lentilles de contact, des dents passées très récemment au contrôle technique, des vaccins contre toutes les maladies (sauf la grippe A...zut) et des gateaux cachés dans tous les racoins de mes bagages parce que la philosophie maternelle reste « on sait jamais! » (« ça c'est bien vrai ma brave dame.. »). Attention ! L'équipement serait incomplet sans un bon paquet de frippes monastiques! Parce que bien sur... il est pas question de jouer les starlettes... mais plutot les passent-murailles! Alors la évidemment, comme je susi ultrasexy (attention minute blonde) et bien j'ai eu du mal! Prise de conscience : je susi une allumeuse provocante en puissance... que de recherches pour déterrer quelques uniformes décents entre les mini-jupes, les débardeurs très décolletés, les dos nus et autres emballages pour minette en mal d'amour!
Sur ces considérations de la plus haute portée philosophique je me prépare pour une dernière tournée familiale, au programme : des au revoirs comme il se doit, plein de questions qui donnent l'impression qu'on est vraiment une grosse inculte ( et il y a combien d'habitant au Caire? Il y combien de musulmans par rapport à la population? Quels livres a écrit Mafouz mis à part « Impasse des deux palais »? »... « hum.. ben euh c'est à dire que ben je sais pas bien! »... mes grands parents ont trop regardé « question pour un champion » et le « jeu des milles francs » ça les a rendu trop curieux...).

mercredi 9 septembre 2009

Universidad Academia de Humanismo Cristiano

Quelques mots sur mon université, puisque c'est quand même la raison officielle de ma présence à Santiago.

Universidad Academia de Humanismo Cristiano, c'est donc son nom. Mais attention, il ne faut pas se fier aux apparences, les enseignements n'ont rien de catholiques dans cette fac; quant à sa dimension humaniste, quelques récents évènements m'en font sérieusement douter...

L'université a été créée sous la dictature de Pinochet, et elle est aujourd'hui très sérieusement marquée à gauche, ce qui tranche avec le paysage universitaire chilien globalement influencé par les idées conservatrices et par le libéralisme économique. L'ancien directeur de la banque centrale sous Salvador Allende y enseigne par exemple l'économie, loin de l'influence des idées des Chicago Boys qui reignent au Chili.

Nous ne sommes que cinq étudiants étrangers ce semestre (trois Français et deux Belges francophones...). Je suis donc très loin de l'ambiance Erasmus, mais cela me permets de faciliter les contacts avec les étudiants chiliens, même si c'est sûrement plus difficile qu'entre étrangers. En effet, les étudiants chiliens n'ont pas les mêmes attentes, beaucoup d'entre eux travaillent pour payer leurs études, certains ont déjà des enfants... Ils ne sont donc pas vraiment dans l'ambiance fêtes-voyages dans laquelle se trouvent la majorité des étudiants étrangers, mais évoluer à leurs côtés est une expérience humaine précieuse, qui m'en apprends beaucoup sur le pays qui m'accueille. Et puis l'ambiance Erasmus, je l'ai dans ma maison !

L'université est ses élèves sont donc très marqués à gauche, il y a des fresques avec des messages politiques sur presque tous les murs, et j'ai pu lire des revendications quant à la libération des prisonniers politiques Mapuche ou encore sur la légalisation de l'avortement (thème ultra-sensible au Chili). Mais mercredi dernier les choses ont dérapées, quand quelques étudiants ont lancé une dizaine de cocktails molotov sur des bureaux de la police se trouvant juste en face de l'université. Des affrontements violents avec la police se sont ensuite déroulé à l'intérieur et à l'extérieur de la fac, pendant près d'une heure. Un policier est grièvement blessé, et la classe politique chilienne a unanimement condamné cet acte, l'évènement faisant la une des journaux à Santiago le lendemain. Résultat : l'université est fermée pour au moins deux semaines et demi, pour faciliter l'enquête (pour l'instant seuls deux étudiants ont été arrêtés) et pour faire retomber les pressions. Quant aux raisons de cet acte, elles sont semble-t-il floues. Les étudiants impliqués se réclament du mouvement anarchiste, et ils auraient agi en réaction à la fois à l'assassinat il y a quelques semaines d'un Mapuche par la police dans le sud du pays, ainsi que pour marquer l'approche du 11 septembre, anniversaire du coup d'Etat de Pinochet en 1973.

Je savais qu'il y avait chaque année des problèmes dans ma fac aux alentours de cette date, mais cette fois-ci ils sont, aux dires d'autres étudiants, d'une ampleur inédite. Je dois m'attendre à la rentrée à un renforcement des contrôles d'identité à l'entrée, et à une plus grande surveillance à l'intérieur de l'université, ce qui alimentera sûrement de nouvelles tensions entre la direction et les étudiants... A suivre !