mardi 15 décembre 2009

Escapades...



Les vacances se rapprochent, de même que l'évasion vers de lointaines contrées! Vol jeudi à 15:36 pour Istanbul, puis je me lance dans l'exploration de l'Europe de l'Est en solo, avec un Nouvel An allemand en perspective. A venir beaucoup de photos, et je l'espère, beaucoup de rencontres! Joyeux Noël et bonnes vacances :)

vendredi 4 décembre 2009

Comme j'ai enfin réussi à arracher l'ordinateur des mains de Marion le temps d'écrire un post rapide, je vais carrément aller a fond dans la mauvaise foi et gribouiller un billet tout beau tout mignon qui vous dira pas grand chose mais qui vous mettra l'eau a la bouche comme un journal de chez Picard juste avant Noël.

Vu que je sais pas du tout qui lit ce blog, on va partir du principe que tout le monde ne sait pas où je suis et on va jouer aux devinettes, allez. Je vous donne 5 indices !

Unièmement : C'est le pays d'origine du genre de film que l'on nomme "Dollywood". En gros, beaucoup d'action, de danses et de chansons. Beaucoup d'effets de caméra assez incompréhensibles (l'effet bateau qui tangue, ça s'appelle). Des méchants très méchants et de belles filles lascives mais néanmoins bonnes musulmanes, toujours habillées des coudes jusqu'aux mollets. Ça coûte 20 takas la séance et ça donne ça :


Mieux que Slumdog Millionaire, avouez.

Deuxièmement : C'est un pays où "hygiène", c'est comme "Pakistan", "Gandhi" et "sécurité". Ça vient de l'étranger et limite, c'est un gros mot.
Toutes les rues principales sont des 6 voies, chacune à sens unique, sauf quand "raccourci" et "foncer dans la circulation" deviennent des synonymes. Heureusement, aucun panneau de signalisation ne vient spécifiquement l'interdire. C'est trop facile à voler et à revendre, un panneau de signalisation. Et comme les policier portent tous des uniformes en camouflage turquoise et jaune fluo, on se rend vite compte dès qu'ils bougent de leur fauteuil en plastique blanc au bord de la route.
Côté nourriture, on s'habitue vite à manger les yeux fermés et en pensant à autre chose. On essaie d'oublier les essaims de mouches posés sur les carcasses des boucheries et aux vers blancs se trémoussant sur les pois-chiches mis a sécher sur le toit que les enfants retournent avec les pieds. Et des fois, parce qu'on est un vrai warrior et qu'on a pas peur de se faciliter le transit digestif, on va faire un petit tour au marché, se mettre en appétit.


Avouez, vous aussi vous préférez quand c'est saignant.

Troisièmement : Nous sommes entre Français, parlons encore un peu de nourriture. Ici, nous sommes au pays du curry. Au poisson, au poulet, au bœuf, au jus de caniveau pour les plus pauvres (tout se recycle !). Demander "no spicey, no spicey!" est complètement illusoire. D'ailleurs; j'en ai tellement mangé que je vous met une photo de dessert, tiens ! Mais pas n'importe lequel : un dessert hi-sto-rique fabriqué avec le même lait des mêmes chèvres du même village depuis 300 ans (au moins) !


Franchement, c'est pas super bon.

Quatrièmement : C'est un des cinq pays les plus pauvres du monde. Pourtant, partout, partout, partout des champs de riz à perte de vue. Et dans un pays encore plus plat que la Belgique, c'est loin la perte de vue. Ireland may be the Emerald Isle, mais ici euh... ben c'est encore plus vert que chez eux ! Take that Ireland! (oui, j'ai pas grand chose a dire, mais je voulais quand même mettre une jolie photo).



Cinquièmement : C'est un pays où tout, tout, tout est différent.
La façon de se déplacer, en rickshaw (cyclo-pousse), en CNG (mobylette-taxi au gaz de ville), en bus qui explose sous vos fesses (testé deux fois. La première, ça fait peur) ou en taxi dont la portière vous reste dans les mains (mais c'est pas grave, le chauffeur a l'habitude et répare ça hop hop en deux minutes).
La façon de s'habiller des hommes comme des femmes. La façon de se coiffer et de se maquiller. La façon d'exprimer sa religion. Je pense que cette photo résume un peu tout ça :


Pensez ce que vous voulez, ce mec est le plus cool du monde. Et je pense qu'il s'en rend compte.


Bon, vous avez deviné? Allez, un dernier indice. Je vis et je travaille là :


Bisous internet !

- Claire

dimanche 29 novembre 2009

Peace process et réalité

Depuis 1998 et le Good Friday Agreement, l'Irlande du Nord est sensée avoir retrouvé la paix. Les affrontements loyalistes/nationalistes ont cessé avec le démantèlement de l'IRA en 2005, qui a officiellement renoncé aux actions terroristes. Et c'est vrai que depuis, Belfast semble presque apaisée, les "troubles", comme on les appelait à l'époque, finis. Après presque 30 ans de guerre civile.

Sauf que... certains groupuscules sont contre le Good Friday Agreement et le maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni. Et continuent toujours les voitures piégées et les attentats terroristes. On en a eu un exemple pas plus tard que mardi dernier. Voilà ce qu'on pouvait lire dans le Belfast Telegraph quelques heure après:

"A 400lb bomb was left at the headquarters of the Northern Ireland Policing Board in an escalation of dissident republican activity over the weekend. It only partly detonated. The Board's headquarters are in a modern office complex beside the River Lagan, and are something of a symbol of Belfast's commercial and political progress.

While no one was injured in either incident, both have driven home the unwelcome fact that, despite heightened attempts to reduce republican activity in recent months, the dissidents remain a source of violence.

Those responsible have been condemned for trying to derail peace negotiations, which are at a critical stage. Loyalist and nationalist politicians are currently at loggerheads over when responsibility for policing and justice should return to the province. Currently, those functions are carried out by politicians in London.

"Very clearly these people are trying to undermine the progress that has been made in Northern Ireland in recent years," said Britain's Northern Ireland Security Minister Paul Goggins, "When attacks like these happen, it brings people together with the strong message that these dissidents will not succeed," he said. Police said that they were doing everything possible to stop attacks. "It is a reckless act, not just in doing damage but also the potential loss of life," said Northern Ireland's police chief, Matt Baggott. "This attack is an attack on the well-being of everybody in Northern Ireland," he said."

Ajoutez à cela un échange de coups de feu à Garrison pendant le week end, entre dissidents républicains et la police, plus un attentat similaire le 16 octobre dernier, où une femme de 38 ans a été blessée en sortant de chez elle, dans un quartier jusque là épargné par les violences, même pendant les "troubles", et vous vous rendez compte que c'est quand même pas gagné pour l'Irlande du Nord.

Nationalismes se faisant face

Promis, je vous fais très vite un billet sur les troubles.

jeudi 19 novembre 2009

How football is dangerous for an Erasmus French student

Hier soir a eu lieu le très attendu match France - Irlande, dans lequel, si je ne m'abuse, les deux équipes jouaient leur entrée dans la Coupe du Monde. On donnait la France gagnante d'office, l'Irlande étant handicapée par sa défaite du samedi dernier.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu du match, mais plutôt de l'after-game... Parce que c'était chaud lapin! La main de Thierry Henry est passée, mais alors très très mal. Dans les minutes qui ont suivi la fin du match, j'ai reçu des messages d'amis Irlandais, qui, en toute amitié, me disaient pour l'essentiel "FORSHAME!" ou encore "FRENCH CHEATS!", j'en passe et des meilleurs.

Planchant sur une fiche de lecture pour le seminaire du lendemain, je ne suis pas allée dans un pub pour suivre le match, mais je peux vous dire que l'ambiance était pas folichonne entre supporters Français et Irlandais. En effet, ces derniers criaient allègrement "F****** French bastards" et autres réjouissances. Les Français ne sont d'ailleurs pas restés bien longtemps à la fin du match, vu que ça commençait à s'échauffer drôlement.

Tous les Irlandais ne sont certes pas mordus de football, ou à ce point stupides pour associer Henry à toute une nation, n'empêche que la défaite est bien amère. Et on les comprend... Pour une équipe de renommée internationale, je trouve ça lamentable d'avoir recours à de tels moyens pour gagner. Pas que j'aime le foot, m'enfin bon, un peu de fair play et de courtoisie, histoire que l'image de la France ne soit pas pire que celle qu'elle a déjà!

Pas besoin de le dire, il ne fait pas bon être Français en ce moment. Du coup, je tais un peu ma nationalité. Ce qui marche, puisqu'en plus de ne pas avoir l'accent français quand je parle anglais (apparemment, j'aurais l'accent scandinave!), je ne ressemble pas du tout à une Française typique (dixit quasiment tous les Irlandais que j'ai rencontré). Pour info, la Française typique a les cheveux bruns, les yeux marrons et la peau mate. Ceux qui me connaissent savent que je suis tout le contraire... Blonde ou rousse, ça dépend des gens (aucun coiffeur n'a jamais réussi à me dire quelle était ma couleur de cheveux), les yeux bleus et la peau très blanche, voire translucide (bon, j'exagère, seulement quand je suis malade!). Mon côté breton, je suppose. Pas besoin de vous dire que je me fonds plutôt bien dans le décor!

Un petit pot pourri des images qui fleurissent sur la toile depuis hier (à peine 10 minutes après le match, des groupes du genre "We Irish hate Thierry Henry the cheat" ou "France should apologize to Ireland" ont vu le jour sur FB, avec un nombre conséquent de membres).

J'aime assez celle là, notamment les yeux de la gamine, le moins qu'on puisse dire, ce qu'elle a pas l'air contente!


Le cliché classique. Mais on en mange pas on vous dit!


Ça c'est pas très gentil. Vous avez même pas de pain frais, bandes de barbares!


Ou comment assimiler une équipe de foot à une nation tout entière.


Là, je suis plutôt d'accord. C'est tout simplement lamentable. L'Afrique à portée de main... une expression qui n'aura jamais été plus vraie.

Pour ne pas fermer les yeux!


Le Khan El Khalil est le souk-à-touriste de base au Caire! L'insupportable souk où on tente de te vendre des chameaux en tissus, des boites en mosaïque avec des pyramides et des pharaons du meilleur gout, des poufs en peau de chameau et des tenues de danseuses orientales... l'incontournable attraction pour tout bon touriste qui fait marcher le commerce!
Je suis bien sure allée au Khan El Khalil à mon arrivée en tant que gentille occidentale qui fait confiance au guide du routard... j'ai trouvé ça agaçant et kitch mais passons, c'est un passage obligé!
La semaine passée, je me suis de nouveau rendue dans le quartier pour voir les coulisses... et là... je n'ai eu qu'une envie fermer les yeux et rentrer chez moi...
Ce sont des petites mains d'enfants qui tissent les tapis, de pauvres mains malades d'hommes mal nourris et mal soignés qui fabriquent les boites en marqueterie, de tristes yeux usés qui imaginent des papyrus colorés, des jambes boiteuses et blessées qui transportent tous ces présents pour Occidentaux jusqu'au souk voisin, ce sont de terribles visages édentés et maigres, aux yeux sans vie qui vous regardent, vous dévisagent, vous qui traversez leur territoire, leur quartier : de la boue, des moutons, des gravats, des détritus, des ateliers... des enfants qui jouent, des enfants qui travaillent dans la maison voisine... une enfant qui tissent un tapis dans le fond d'un atelier, cinq ans a peine... son visage calme, ses mains appliquées et déjà aguerries comme si c'était normal, comme si ça place était là derrière ce métier...
quelques heures plus tard, je me trouvais en compagnie d'un petit garçon doté d'un magnifique portable hyper technologique au milieu d'un salon immense pour l'aider à faire ses devoirs...
La réalité en face... Lucidité forcée...

lundi 16 novembre 2009

Il pleut, il mouille!

Elle devient très vite ta meilleure amie. Tu apprends à la supporter. De toute façon elle est là tous les jours, alors, bon gré, mal gré, tu t'y habitues. Et puis, elle a son charme. Tu sais que tu peux toujours compter sur elle. Elle sait aussi se retirer quand elle sent qu'elle se fait trop pesante. Elle sait aussi revenir...

Je parle de la pluie, bien sur! Omniprésente en Irlande, puisqu'on en a au moins tous les jours. Le piéton intelligent fait vite l'acquisition d'un parapluie, élément indispensable pour ne pas finir trempé en fin de journée. MAIS elle a cependant quelque chose de particulier: elle ne dure jamais. Ne jamais partir battu! Une journée qui commence sous la flotte peut se finir avec un très beau coucher de soleil. Le maître mot: imprévisibilité. C'est LE mot qui définit l'Irlande.

Le plus fou, c'est la rapidité avec laquelle le temps change. En l'espace de 10 minutes, on passe d'un temps de chien à un début de printemps. Les Irlandais ont souvent l'habitude de dire que dans une journée, on peut avoir 4 saisons, et le pire, c'est que c'est vrai! D'ailleurs, il faut le souligner, l'eau est gratuite en Irlande... on se demande bien pourquoi!

La preuve en image

Rathlin Island: il a plu pendant trois heure,s un véritable déluge. Le ferry ne pouvait pas repartir avec ce temps, je commençais à désespérer...

En un quart d'heure, tout s'est levé, le soleil est revenu, le vent est tombé et la pluie s'est arrêtée. Incroyable.
5 minutes plus tard...


C'est vrai que quand il pleut beaucoup, on a tendance à pas trouver ça très sympathique. Mais je trouve que justement, ça nous fait davantage apprécier le petit rayon de soleil... En rentrant de Tesco tout à l'heure, les nuages étaient magnifiques, et la lumière irréelle. Après avoir plu pendant une heure, voilà le soleil qui revenait... Bien sur, une fois rentrée à la maison, rebelote, la pluie. Devinez quel temps il fait, là tout de suite, au moment où j'écris?

dimanche 15 novembre 2009

Big Brother?

Un truc qui frappe quand on vit à Belfast, et ça doit être le cas pour toutes les villes en UK, c'est cette obsession de sécurité qui entoure les pauvres citoyens que nous sommes. Ne serait-ce qu'avec l'exemple le plus visible: les caméras de surveillance. "CCTV is watching you" est dans toutes les rues, tous les magasins, et même dans les parcs. Et c'est tellement discret qu'on en arrive même à les oublier, ces petites machines!

Le premier jour à Queen's, on avait assisté à une conférence "sécurité", où un policier nous avait gentiment expliquer quels dangers planaient sur nous, avec toutes une liste de ce qu'il fallait faire (être toujours avec quelqu'un, être prudent, éviter les endroits glauques) et ne pas faire (ne jamais rentrer seule, ne pas boire (trop) d'alcool, ne pas rentrer trop tard), le genre de recommandations qu'on nous a pourtant rabâché depuis notre échappée du nid familial (merci Maman!). Le tout avec une jolie petite clé USB avec de beaux Power Point pour nous montrer à quel point le monde était dangereux.

Mais ça ne s'arrête pas là: tout autour du quartier de l'université foisonnent les panneaux "Campus Watch", où l'on nous rappelle aimablement que des gardes de sécurité patrouillent au cas où l'envie prendrait un méchant monsieur de nous attaquer! L'autre jour, je me promenais dans le centre ville, et j'ai remarqué une borne spéciale "appels urgents" qui nous met en contact direct avec la police, gratuitement et en un temps record. Ajoutez à cela les fréquents passages d'hélicoptère la nuit...

Le feu est également un problème que tout le monde prend au sérieux. TOUTES les maisons ont des portes à incendie "Fire door, keep shut", et dans la mienne, j'ai même des détecteurs de fumée dans toutes les pièces, sauf dans la cuisine, parce qu'ils sont malins, les gens, ils ont mis un détecteur de chaleur en prévision des catastrophes ambulantes comme moi qui ne savent pas cuisiner! (cela dit, j'ai quand même réussi à déclencher l'alarme en faisant fondre du chocolat, j'avais pas fermé la porte de la cuisine, et toute la fumée est bien évidemment partie dans le couloir).

Tout ça pour dire qu'on sent que Big Brother, bah il est bel est bien là. Si on rajoute à cela les programmes télé qui font PEUR parce que y'a plein de bad guys dans les rues (qui sont souvent noirs, ou musulmans, c'est plus à la mode aujourd'hui), ben, les gens, ils savent qu'il ne faut pas rigoler avec la sécurité!

Y'a quand même d'autres gens qui savent en rire



Et on arrive à vivre avec, hein. Je vous dis, on arrive même à les oublier. C'est juste que... Jusqu'où ça peut aller? Comment disait machin, "Those who sacrifice liberty for security deserve neither." C'est dit très pompeusement, mais c'est dit quand même.

samedi 17 octobre 2009

Mogammouahahahahah!

J'ai eu le droit aujourd'hui à mon baptême cairote, celui qui fait de vous un véritable expat et pas un touriste de base! Un warrior de l'Egypte! Le passage par le MOGAMMA!

Dis comme ça, le Mogamma, ça à l'air grandiose et martial...
Vu de dehors... le Mogamma c'est un bâtiment digne de la Russie soviétique, gris, imposant et rectiligne...
Vu de dedans... le Mogamma c'est … une terrible foire! Des militaires qui servent le café, des gens qui se déplacent par vague d'un guichet à l'autre, des vendeurs de boissons sucrées et … des centaines de fonctionnaires égyptiens!
Le fonctionnaire égyptien reste avant tout … Egyptien... il prend sa pause déjeuné sous ton nez même si tu attend ton visa depuis 3heures et demi et que personne ne le remplace...

L'accueil est toujours particulièrement aimable, on te dirige vers le guichet 12 pour le visa de 6 mois... ensuite c'est guichet 42 pour acheter les timbres, puis 2 heures en théorie et 4 heures en pratique,plus tard c'est guichet 38 pour récupérer le visa tamponné... pendant les 2h d'attentes que tu n'avais pas prévues, tu vois passer des centaines de formulaires avec des passeports, un peu chiffonné... et tu commence à vraiment craindre pour ta légalité... et la tu comprend pourquoi on t'a obligé à indiquer ta religion sur le formulaire... parce que tout d'un coup, tu as besoin de croire en dieu! Tu commence à prier pour ton visa, pour qu'il retrouve le chemin qui le mènera a toi, pour ta vie mise en péril par la chaleur suffocante et pour ta santé mentale vacillante. Parce que oui, voir la Madame qui est sensé faire ton visa recharger son téléphone portable, sa voisine tranquillement calée dans son fauteuil à se taper la cloche en bavardant avec une troisième et celui de derrière qui file à l'anglais, oui là tu commence à te demander si t'hallucine pas complétement! Et puis des visas défilent, jetés en pâture un peu aux hasards aux premiers rangs de la file... autant dire que tu as plutôt intérêt à ressembler à ta photo, c'est le seul moyen pour retrouver le proprio du visa!
Et puis, comme par miracle, le passeport te reviens, mais tu crois que ton calvaire s'achève ici... que tu va pouvoir quitter le joli bâtiment très bas de plafond éclairé au néon! Tu crois pouvoir t'en tirer à si bon compte? Détrompe toi! Le Mogamma est un vrai test, si tu survis, tu survivras en Égypte inch allah. Tu ne t'impatientera plus quand le métro s'arrêtera sans raison, quand l'eau se coupera pour une matinée, ou l'électricité! Mafich mouchkel, pas de pb!
Alors le rite d'initiation continu! Tu dois aller guichet 4, pour demander le visa MULTI entrées... et retourner acheter des timbres puis te rendre de nouveau guichet 4 pour redonner le tout … revenir dans 4h... alors tu reviens, on te refouille pour voir si t'as pas d'appareil photo. Ca se comprend, si des photos de mogamma circulaient... la réputation de l'Egypte serait encore plus resplendissante! Mais tu n'abandonne pas, non, parce que tu le veux ce statut de survivor! alors tu retourne guichet 4, tu tente de t'expliquer dans toutes les langues que tu connais et enfin, enfin ! Tu retrouve ton visa, qu'on te rend avec un sourire détendu et bienveillant, et t'as même pas envie de taper le gars que t'as maudit toute la journée!... « welcome in Egypt »...

jeudi 15 octobre 2009

Free Alcohol


Si seulement c'était vrai.

lundi 5 octobre 2009

"J'irai dormir chez vous" : Bahia Inglesa, Caldera

En manque de plage et de soleil, je suis partie avec une de mes coloc passer trois jours à la mer la semaine dernière. Nous avions choisi une station balnéaire du littoral nord du Chili, très prisée des vacanciers en été : Bahia Inglesa, et son port, Caldera. Le but du voyage était de se reposer toute la journée sur les plages de sable blanc, tout en bronzant (cramant ?) alègrement. Finalement, le voyage ne s'est pas vraiment déroulé comme prévu...


Après avoir failli louper le bus qui nous conduit de Santiago à Copiapo (12h de trajet, de nuit, l'idéal pour ne pas perdre une journée de vacances), nous arrivons à destination le dimanche à 9h du matin. Evidemment, la ville est déserte, et ne présente de toute façon pas beaucoup d'intérêt. Nous décidons donc de ne pas nous atarder et de filer directement vers Caldera, à 1h de bus, pour sentir enfin l'air de la mer... Arrivée sur place, un vent frais nous accueille : eh oui, le soleil est bien au rendez-vous (aucun nuage à l'horizon), mais la température est considérablement refroidie par ce vent qui ne cessera de souffler pendant les trois jours ! Bronzer sur la plage est alors exclus, puisque les gros pulls sont de rigueur près de la côte... Nous ne nous laissons pas démoralisées, et décidons d'aller installer notre tente à Bahia Inglesa (à 10 minutes de Caldera), afin d'aller enfin admirer ces eaux cristallines décrites dans mon Lonely Planet.


L'endroit est désert, et notre tente est la seule du camping ! Comme nous avions oublié les piquets à Santiago, il nous faut remplir la tente de pierres pour éviter qu'elle ne s'envole ! Et même avec tout cet équipement, nous ne sommes pas très rassurées à l'idée de quitter le camping, la tente sera-t-elle là à notre retour ?


Nous partons ensuite à la découverte de la station balnéaire : les plages sont effectivement magnifiques, avec des eaux turquoises, des rochers, des cactus... Quelques promeneurs du dimanche profitent également de cette belle journée, mais globalement nous sommes un peu seules au monde ! Ce n'est pas désagréable... A la recherche d'un cyber café, nous questionons des artisans vendant des bijoux dans des petites cabanes, qui nous apprennent que le plus proche est... à Caldera... L'un d'eux nous propose gentiment d'utiliser son ordi portable personnel, et nous invite à venir nous abriter du vent dans sa cabane. Il m'offre même une dent de requin fossilisée et me montre ses créations, puis il nous propose de manger avec eux le soir même. Nous acceptons et reprenons notre chemin. Bahia Inglesa étant très petite, nous repartons en stop vers Caldera, pour profiter de l'activiter du port. Nous mangeons du poisson sur la cale en compagnie de nos deux chauffeurs, puis allons nous reposer sur une plage... Attention aux bourrasques de sable ! Le soir, nous retournons à Bahia Inglesa. Nous retrouvons les artisans et pêcheurs rencontrés le matin ; ils nous offrent du poisson, de l'alcool... L'ambiance est sympa, il n'y a que des hommes, tous bourrés car ayant commencé à boire dès le midi... Il n'y a presque aucunes femmes dans ce village, alors forcément, deux jeunes filles, de plus Européennes, ne passent pas innaperçues... Certains se montrent un peu pesants, mais globalement la soirée se passe bien. On parle de tous : de politique, d'amour, de legendes et de croyances marines, de la Pachamama, de la vie dans le Nord du Chili, de l'isolement, de l'Europe... J'ai pour la première fois l'impression de faire de vraies rencontres, avec ces hommes qui nous offrent à manger et à boire sans rien demander en échange. Pour la deuxième nuit, nous restons même dormir chez Michel, dans sa maison entourée de plantes médicinales, de cactus hallucinogènes, décorée de multiples babioles colorées et d'objets marins...


Nous découvrons également la côte le deuxième jour : nous nous rendons en stop au Santuario de la Naturaleza Granito Orbicular. Là, le désert s'avance jusque dans la mer, parsemé de roches aux formes étranges. Nous découvrons également un repère de loups de mer : le bruit de ces bêtes est impressionnant, ils étaient au moins une cinquantaine, posés sur un rocher, à se prélasser au soleil et à crier. A l'abri d'un rocher nous nous offrons une petite sieste : enfin, il fait chaud !


De retour chez Michel, nous profitons de la tranquilité de sa maison. Il me prépare des infusions avec ses plantes médicinales pour guérir ma toux (résultat mitigé, mais attention très gentille !), nous cuisine un délicieux repas de pâtes au poisson : un délice !


Le lendemain, Michel nous emmène pour une promenade en bateau dans la baie. Les vagues ne sont pas énormes, mais nous ne sommes pas rassurées... Il nous montre les installations des pêcheurs, nous fait passer près de rocher fréquentés par des pélicans et autres oiseaux marins... Bref, nous en prenons plein les yeux ! A notre retour sur la terre ferme, nous nous lançons dans la préparation de crabes (une vingtaine, pour quatre personnes !), puis allons profiter d'un dernier coucher de soleil sur la baie avant de filer vers Caldera, où nous devons prendre un bus pour Copiapo puis Santiago. Nous sommes prises en stop par un couple de quinquagénères. Ils doivent s'arrêter à Caldera pour une heure, mais nous proposent de nous conduire ensuite à Copiapo, là où ils habitent. Encore un trajet de bus d'économisé ! Ils sont tous les deux adorables, nous parlent avec pudeur et émotion de leurs 30 ans de mariage, de leurs enfants et petits enfants, en nous faisant écouter à fond de la pure cumbia chilienne ! Buena onda !


A Copiapo, nous reprenons la direction de Santiago. Encore une nuit dans le bus. On arrive le mercredi matin à 9h, juste à temps pour moi pour aller à la fac ! Retour à la vie normale...


C'est la première fois que je voyage de cette façon, en me laissant guider par les rencontres, loin des lieux hyper-touristiques, en faisant du stop, en mangeant et dormant chez les gens... et ça me donne envie de continuer ! J'ai vraiment eu l'impression de rencontrer le Chili et ses habitants, et ce voyage de trois jours m'en a appris plus sur la culture chilienne, sur la vie quotidienne des gens qui y vivent, que mes 2 mois et demi passés à Santiago réunis ! Sachant que le Chili est un pays très divers, long de près de six mille kilomètres, je me dis que j'ai encore de belles rencontres devant moi...



PS : désolée, j'abandonne pour les photos... Je les posterai sur facebook pour les intéressés !


Portez-vous bien !



dimanche 4 octobre 2009

Hitchhiking on a Saturday

Ça faisait un petit moment qu'avec une amie, on avait dans l'idée de partir une journée dans la campagne environnant Belfast, histoire de profiter des verts pâturages irlandais et d'un week end au bord de la mer. Mais pas question de partir en bus... c'est trop facile! Non, on voulait partir en stop. Alors quand on a appris qu'une bande de pote allait à Newcastle -charmante station balnéaire à une trentaine de miles de Belfast, où mer et montagne cohabitent- notre sang n'a fait qu'un tour (si si, je vous jure!): "on vous rejoint en stop, essayez de nous attendre, on sait vraiment pas à quelle heure on arrive."

La veille, on a avait préparé nos petits panneaux -un pour l'aller et un pour le retour, enveloppés dans une pochette plastique, au cas où il pleuvrait!- et rendez-vous 7h30 le lendemain matin. Sauf que... le lendemain matin, ben le soleil était pas au rendez-vous, lui. Au contraire, le ciel était chargé de nuage, le vent soufflait, et la pluie vous glaçait les os. Vous savez, ce genre de pluie toute fine qui ne vous trempe pas d'un coup, mais qui prend bien le temps de vous faire sentir qu'elle est là! Donc pas terrible pour commencer la journée, encore moins quand on a prévu de faire du stop. Mais ce qui est dit est dit, et c'est donc sous la pluie que nous nous mettons en route, bon gré mal gré. On avait repéré la route, histoire de pas se gourer de sens non plus. Après avoir marché une bonne heure et demi, on commence à s'éloigner un peu de la ville et a vraiment croiser des voitures en route pour la campagne.

Une fois trouvé l'endroit (c'est à dire où les voitures nous voit, c'est toujours mieux quand on veut faire du stop, mais aussi où elles peuvent s'arrêter sans que se soit dangereux), on se pose, on sort la pancarte et nos pouces, et on attend. Au bout d'à peine 10 minutes, un mec nous fait signe après s'être garé sur le côté, et nous invite à monter en nous expliquant avec un FORT accent irlandais qu'il ne va pas à Newcastle, mais qu'il va dans la même direction. Il nous dit le nom d'une ville, mais j'ai pas tout compris, sauf qu'on devra chercher une autre voiture. OK, pas de problème, et c'est parti.

Si vous vous rappelez bien, j'ai dit qu'il pleuvait. Le truc avec l'Irlande, c'est qu'il ne faut jamais baser ses projets en fonction du climat. Impossible, ça change tout le temps. Des amis devaient prendre le bus pendant que nous faisions du stop, et on devait se retrouver pour la rando, sauf qu'en voyant la pluie, ils ne sont finalement pas partis. Grave erreur! Il a fait beau toute la journée (bon et quand je dis beau, il a pas plu quoi, et y'avait pas mal d'éclaircis). Le moment où on s'est posé, il a arrêté de pleuvoir. Si c'est pas un signe ça!

Nous voilà donc partis avec ce gentil monsieur, qui dit s'appeler Marc et travailler la semaine à Belfast comme ingénieur dans la construction navale (de ce que j'ai cru comprendre, parce que l'accent nord-irlandais, c'est pas de la tarte). Le paysage qui défile est vraiment magnifique. La baie de Dundrum est à vous couper le souffle, rouge, bleu, vert, la mer, la montagne en arrière plan... Wow. Et il n'est que 9h du matin. La journée s'annonce bien!

On arrive finalement à Newcastle à 9h30. J'ai la ferme impression que Marc a fait un détour pour nous conduire là où on voulait être, parce que je suis persuadée avoir compris qu'il n'allait pas jusque là au début. Mais le plus fort, c'est qu'il tient absolument à nous donner 5£... pour qu'on prenne le bus au retour, et qu'on soit pas coincé en terre hostile. Hallucinant! Et pour deux nanas parties sous la pluie avec l'incertitudde d'arriver à temps (voir d'arriver tout court), être accueillies par l'étendue opaline de la mer, qui scintille sous le soleil (et oui, plus de pluie!), voir les Mourne Moutains en toile de fond, et en plus se retrouver avec un billet inattendu dans la poche, c'est le paradis.

Après avoir déambuler le long de la plage, en s'extasiant du paysages et en prenant des photos, on décide de s'enfiler un fry, histoire d'avoir le ventre plein pour la rando qui s'annonce! Pour ceux qui ne connaissent pas, le fry, c'est le déjeuner irlandais (très) nourrissant, avec bacon, haricots, oeuf, toasts, potato bread, black pudding, saucisse et plus encore! Autant vous dire qu'on a très bien mangé. Merci Marc pour ce délicieux petit-déjeuner!

On retrouve le groupe sans trop de problème, et c'est parti pour la randonné dans les Mourne Mountains! Le panorama est vraiment superbe, ce mélange de montagne et de mer, le ciel... Et le vent! Wow, les bourrasques sont impressionnantes, on peut presque se laisser tomber en avant sans tomber, le vent souffle tellement fort! On croise plusieurs randonneurs qui descendent et qui nous disent de retourner dans la vallée, ça commence à devenir dangereux.

Après la pause pique-nique, le groupe se scinde en trois parties: un groupe repart vers la vallée, un autre continue le chemin de rando, et le troisième décide de grimper sur une des montagnes. Je fais partie du troisième groupe, et c'est à trois que nous nous lançons vers l'ascension... J'avais déjà fait ça au Connemara, et je savais que j'allais en baver, mais jeez, on ne se rappelle combien on a morflé que lorsqu'on grimpe! Les mollets travaillent dur, et je me répète toutes les deux minutes " mais qu'est-ce que je fais làaaaaa, je suis complètement malade, je vais mourir d'épuisement avant de voir le sommet!" On croise quelques moutons qui ont l'air de se demander ce qu'on fait là, et j'aperçois au loin un petit groupe d'alpinistes avec tout le matos qu'il faut (enfin je devine, parce qu'ils sont super haut!). Le vent, même s'il est frigorifiant, nous aide en nous soulevant presque. C'est dire si ça souffle! Nous voilà en haut, et la vue est magnifique. Le bocage au loin, Newcastle en bas, la mer qui s'étend à perte de vue... Ça en valait la peine!

La descente maintenant. Bien plus facile que la montée. Mais attention au vent... On tombe tous les trois comme des mouches dès qu'une bourrasque de vent plus forte que les autres se prend l'envie de montrer le bout de son nez! C'est assez comique d'ailleurs... Enfin bref, après deux grands écarts, trois chevilles tordues et au moins une bonne quinzaine de dérapages, on arrive enfin en bas. Et quand on se retourne, on est fier de se dire qu'on a été tout là haut!

Retour en stop bien sur, le bus coûtant 7£ et s'arrêtant dans chaque petit bled paumé le long de la route. On croise nos amis qui eux s'en retournent en bus... Qu'à cela ne tienne, on a pas à attendre longtemps, une fois sortie la pancarte confectionnée avec nos petites mains, Une voiture s'arrête à peine 5 minutes après... causant un embouteillage parce que la nana doit sortir ranger ce qui se trouve sur les sièges arrière pour le mettre dans le coffre! Adorable, elle nous demande où on veut qu'elle nous dépose, et après lui avoir dit que cela importait peu une fois qu'était à Belfast, elle nous dit "Je peux vous déposer à ... (j'ai pas saisi le nom) et après vous prenez le bus pour le centre ville. Quoique je peut faire un détour, c'est pas très grave. Vous habitez où?". Finalement, elle nous dépose quasiment devant chez nous, non sans nous avoir montré tous les coins à voir le long de la route et les endroits intéressants (genre musée, plan d'eau, ferme de papillons et j'en passe...). Finalement, on arrive bien avant le bus (qu'on a croisé d'ailleurs), et déposé devant la porte. Que demander de plus.

Le bilan: 2,5£ de dépenser pour une superbe journée à la plage et à la montagne. On était même pas obligé de débourser en plus, mais nos estomacs (gourmandise?) ont parlé. Je crois qu'à partir de maintenant, tous mes voyages en Irlande se feront en stop. Gratuit et rencontres assurées. Et si on me dit que c'est dangereux... je répondrai que c'est comme tout!

jeudi 1 octobre 2009

L'alphabet norvégien

Françaises, Français, Roumains et Slovaques, Chiliens et Chinois... à vous tous qui lirez ces quelques lignes... c'est mon premier article !!!!!

Je voudrais vous parler de façon assez brève, mais je crois très représentative, de la perception de la sexualité par la gente féminine norvégienne. J'étais plongé dans mon travail, innocent, essayant de comprendre les multiples enchainements historiques qui menèrent la Norvège à être un pays pacifiste, lorsque tapant ma recherche sur google, je tombe sur le blog d'une jeune Norvégienne, 19 ans, blonde et célibataire...
Non! Je ne passe pas ma vie à écumer les blog des norvégiennes! C'est simple je ne comprends rien à ce qui y est écrit! (bon souvent il y a des photos... mais ça compte pas - et puis de toute façon je travaillais vraiment!).
Mais cette fois-ci j'ai trouvé quelque chose de très caustique. En réalité, c'est je crois une méthode très efficace pour apprendre l'alphabet norvégien, qui ne diffère du notre que par l'ajout de 3 petites voyelles supplémentaires. Je vous laisse apprécier:

Alle SEX typer!
A- Anal sex
B- Banan sex
C- Crazy sex
D- Dildo sex
E- Elskverdig sex
F- Fyllesex
G- gal sex
H- Hetro sex
I- Ivrig sex
J- Jalla sex
K- kuk sex
L- Låve sex
M- Munn sex
N- nasty sex....
O- Oral sex
P- Punk sex
Q- Q sex
R- Rompe sex
S- sado sex
T- Trang sex
U- Ubeskyttet sex
V- Vanlig sex
W- Wankie sex
X- xXx sex
Y- Young sex
Z- Zleepie sex
Æ- Ærlig sex
Ø- Øvelses sex...
Å-Åhhhhh sex...






Food for thought and thought for food

Choc culturel. On nous avait mis en garde à l'IEP - M.Polo avait trouvé utile de nous dire que les hommes n'avaient pas le même mode de vie partout (non, sans blague!), et n'avait de cesse de nous rabâcher les oreilles avec ce choc culturel dont nous allions tous, d'une manière ou d'une autre, faire l'expérience. Une fois sur place, rebelote. On nous a montré un petit schéma nous décrivant ce que nous allions ressentir. Une fois passé la phase de "honeymoon" dans les jours qui suivent l'arrivée, c'est le choc culturel, la grosse dépression, le "mais qu'est-ce que je fais ici", "je veux rentrer" et autres réjouissances. Le mal n'est cependant pas incurable, on nous a assuré que nous allions guérir, et nous adapter.

Je vous arrête tout de suite. Je n'ai pas -encore- expérimenter cette phase dépression/remontée. Il faut dire que le choc culturel est moins important pour moi que pour mes comparses exilés en Chine, au Japon ou en Amérique Latine. Ici, c'est encore l'Europe, l'Union Européenne qui plus est. Je suis donc assurée de disposer de l'eau courante, de l'électricité, d'un hôpital à proximité, de rues propres, de passages piétons, d'un lit, d'une douche -quoique la notre fait de la résistance- bref, d'un certain confort, vous aurez remarqué.

Alors que serait mon choc culturel? Si on met de côté l'extravagante tenue des Irlandaises, je dirais... le FROMAGE! Quel est donc ce pays de barbare où le seul fromage dans les rayons est un truc infâme, sans goût, sans saveur, cette chose immonde que l'on nomme cheddar? Les insulaires sont des barbares, ça devrait pas être permis de commercialiser cette chose. Grance amatrice de fromage, je savais que j'allais devoir me restreindre, mais jeez, je ne pensais pas que ça me manquerait à ce point!

La France, c'est une dette publique excessive, un système scolaire branlant, une administration inefficace, des prisons surpeuplées, un président bon pour la casse -je grossis un peu le trait, quoique pour le président... mais passons- mais c'est aussi le fromage. Ou devrais-je dire: les fromages. De Gaulle aurait dit "Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage?" -notez l'exactitude du chiffre. Notez également que c'est peut-être de cette si grande diversité dans nos fromages que nous viennent tous nos problèmes. Rappelez vous notre vieux fond gaulois bagarreur! Mais à choisir entre la vie en rose sans fromage, et une vie mouvementée où vous avez le choix entre plus de 200 variétés différentes... Je prend le fromage sans hésiter. Bref.

Ici? Niente. Nada. Rien. Sauf le cheddar. Ô rage, ô désespoir... Sauf... sauf une petite boutique dans le centre ville qui recèle des trésors de nourriture. Dont des fromages. Bleu d'Auvergne, camembert, comté, fourme, mimolette... Le paradis sur terre. Dès que j'ai appris son existence, je m'y suis ruée, et j'ai sauté sur le bleu. Dio, que que c'est bon. Ça règle mon problème et guérit mon choc culturel - y'a toujours les Irlandaises, mais ça je pense que je en m'y ferais jamais.

Sauf que... il me manque le pain. Le pain chaud, croustillant, fait le jour même, que l'on va chercher à la boulangerie pour le petit-déjeuner, le goûter ou la soupe du soir. Et ça... je crois pas que j'en trouverais.

vendredi 25 septembre 2009

Arthur's Day

Imaginez un jour où les pubs sont plus que pleins, où la bière est à l'honneur, où la pinte est à 2,5£. Et pas n'importe quelle pinte... la Guinness! Car Jeudi 24 Septembre, chers amis, fut le 250e anniversaire de la création de ce breuvage sacré pour les Irlandais.

L'endroit à être en ce jour de beuverie est bien sur Dublin. C'est quand même là-bas que la Guinness a vu le jour et que se visite la brasserie du même nom. Petit historique, parce que ça en vaut la peine:

La Guinness, c'est d'abord un homme. Arthur, c'est son prénom, s'est mis en tête de créer une bière qui allait traverser les siècles et devenir l'emblème de tout un pays, le monument incontournable de toute une culture. S'inspirant d'une bière londonienne intégrant dans sa recette de l'orge torréfié (ou brûlé), il crée en 1759 la fameuse stout noire. Aujourd'hui, c'est plus de 10 millions de verres de Guinness qui sont servis à travers le monde chaque jour... Et le garçon avait le nez fin (ou de l'audace, comme vous voudrez), parce qu'en créant sa brasserie, il signa un bail de 9000 ans, lui assurant une retraite sympathique pour lui et ses descendants s'il avait vu juste. Et il a eu raison, le bougre, parce que les Guinness ont toujours le monopole et vivent plutôt bien leur vie aujourd'hui!

Et c'est vrai que la Guinness, ce n'est plus seulement une bière brune, c'est carrément tout un mode de vie. Faut dire que le marketing a été particulièrement réussi. Tout le monde connaît les affiches Guinness des années 20, mettant en scène le célèbre toucan amateur de stout... Mais aussi tous les produits dérivés, allant des balles de golf aux chaussons, des décapsuleurs au déstressant.

Pour savoir si vous avez entre les mains une bonne Guinness (je veux dire par là une Guinness réussie, parce que pour moi, réussie ou non, elles ont toute le même goût, à savoir franchement pas terrible), il suffit de dessiner sur la mousse - le trèfle est une tradition - et si les marques restent jusqu'à la dernière gorgée, alors c'est qu'elle était bien faite. La Guinness se tire amoureusement, en deux fois, lentement, sans se presser. Ne soyez pas étonnés si vous avez votre verre devant vous, qui vous semble parfait à vous, pauvres novices, et que le serveur n'ait pas l'air décidé à vous le donner. Il attend que la mousse remonte et se forme pour tirer la bière une deuxième fois. Une religion ici, je vous dis...

Ainsi, on Arthur's Day, si vous allez dans un pub, vous ne pouvez pas passer à côté d'un verre de Guinness. Et même si vous n'aimez pas! Sur ce, slainte!

samedi 19 septembre 2009

"Hey folks! What's the craic?"

C'est à peu près ce que j'entends depuis mon arrivée ici, c'est à dire depuis lundi après-midi. Cette phrase, sachez-le, est hautement culturelle, et est indispensable pour s'insérer dans la civilisation belfastoise! Après être arrivée par avion (j'avais considéré la nage comme une option possible après avoir vu dans quelle galère je m'étais fourré en choisissant une compagnie low cost, qui, pour un an de ta vie, ne te donne droit qu'à 20kg, et ce à répartir ans deux sacs en soute...), j'ai retrouvé James, mon coloc Irlandais, qui a eu la gentillesse de venir me chercher à l'aéroport et de m'aider avec mes bagages (rappelez vous, j'avais trois sacs de 10kg chacun!). Et... surprise! Il fait beau! De l'avion, je m'étais méfiée, parce que autant en survolant la manche, je voyais la mer, autant en arrivant près des côtes irlandaises, je ne voyais plus qu'une mer de nuage... Et ben non, y'a du soleil! Et la crème de la crème, c'est que ça continue, parce que j'écris ce mail samedi, et le temps est magnifique! Bon, pour ce qui est de la température, la c'est quand même un peu froid... Même si apparemment, les Irlandaises n'en ressentent pas les effets! En effet, les jolies demoiselles se promènent en mini-jupes, dos nus et autres nus-pieds, alors que nous, pauvres étrangers que nous sommes, pouvons à peine supporter la morsure brulante du froid sous nos écharpes et nos manteaux! C'est pourquoi j'en suis venue à la conclusion qu'elles devaient s'enduire de graisse de phoque avant de sortir la nuit. Mais, (et c'est encore une conclusion), pour draguer, la graisse de phoque, c'est quand même pas le top du top. Du coup, je sais pas trop...
Bon, je suis quand même venu en Irlande pour étudier, et Queen's, c'est quand même pas n'importe quelle fac. Déjà, rien que le bâtiment, ça en jette. L'accueil était génial, des étudiants Irlandais venaient nous aider dès qu'on ne savait plus où aller (et même quand on le savait!). Par contre, c'est le même capharnaüm dans l'administration que notre cher IEP... A la fin des deux journée d'orientation, j'ai emmagasiné tellement d'infos que je ne sais plus où donner de la tête... Asso, swine flu, bibli, Queen's online, banque, modules, emploi du temps... There's a lot to do!

Le buffet du vendredi soir était génial, car c'est vraiment à ce moment que tout le monde était mélangé et qu'on a pu parler et sortir un peu du groupe de sa nationalité. Parce qu'on a beau se dire qu'une fois là bas, pas question d'aller avec des Français, les bonnes résolutions s'effondrent comme des châteaux de carte une fois confrontées à cette terrible barrière qu'est la langue! C'est pas faute d'avoir essayer pourtant, mais au bout de trois ou quatre questions... gros silence. Et gros malaise. Et puis, c'est pas entièrement ma faute, les Français doivent être les 2e ou 3e plus gros groupes d'étudiants étrangers à Queen's, avec les Espagnols, les Américains et les Chinois. Mais ça commence à venir!

Même si Belfast n'est pas une ville qu'on pourrait qualifier de "belle", comme autres Grenade et Venise, elle a un charme indéniable, que j'aime beaucoup. Pas encore eu le temps de visiter vraiment, mais dans la semaine qui arrive, c'est THE Fresher's Week, donc je comblerai vite mes lacunes! Oh, et j'ai trouvé du fromage aujourd'hui! Du bleu! En plus, on m'a dit qu'il y avait une boutique de fromages (mais QUE de fromages) dans le centre ville, va falloir que j'aille creuser... Parce qu'ils sont bien gentils avec leur Cheddar, mais j'appelle pas ça du fromage moi! Autre chose aussi... je pense que je vais tenir une check-list des différentes sortes de biscuits du coin, parce que y'en a un sacré paquet!

Sinon, dans le genre typically Irish, les feux rouge étranges où les piétons et les voitures ont le feu vert en même temps, le thé à toute heure du jour ou de la nuit (phénomène intergénérationnel auquel on s'habitue très rapidement, ne serait-ce que pour accompagner son thé avec des biscuits bizarres), les douches rebelles qui sont soit trop chaudes soit trop froides, et le courrier qui tombe directement sur le paillasson dans un bruit d'enfer. Oh, et j'allais oublier: on m'a déjà demandé si j'étais vraiment Française, parce que j'avais un petit air Irlandais... Je suis Bretonne, voyons, c'est ça la Celtic Connection!

Voilà pour l'instant! A venir, la Fresher's Week et un petit tour du côté de la Chaussée des
Géants...

jeudi 17 septembre 2009

vague à l'âme, vagues larmes...

Malgré le titre, cet article ne tournera pas au mélodrame, je voudrais juste vous conter ce sentiment amer de n'être pas du tout à sa place, d'être une sorte de petit parasite qui cherche à survivre dans un environnement qui n'aurait jamais du l'accueillir.

Je savais que l'arrivée au Caire ne serait pas de tout repos, je m'étais fixé un objectif : atteindre l'hôtel! Ensuite... inch allah! Atteindre l'hôtel, oui, ça tenait un peu du challenge en cette terre inconnue réputée pour ses habitants particulièrement doués pour l'embobinage de touristes paumés.

Mon petit sac jaune fluo sur le dos et mon air d'ado attardée en bandoulière, je sors donc de l'avion puis je cherche à changer quelques euros pour payer le taxi avant de récupérer mes bagages (40kg évidemment...). Une Dame, repérée dans l'avion et relayée immédiatement par mes petits neurones dans la catégorie "vieille-belle-prétentieuse-et-arriviste", me regarde pleine de pitié et ajoute pour me mettre à l'aise "Je vais te donner mon numéro, ce sont tous des voleurs, avec ton petit air tu vas te faire avoir c'est sûr. Je bosse ici, j'ai un avocat"... "euh ben euh... merci madame..." et la Dame d'ajouter "ne tombe surtout pas amoureuse d'un égyptien, tous des menteurs... excuse moi je dois y aller c'est mon petit ami qui m'appelle, je vais le larguer"... je ne m'étais donc pas trompée... Après la rencontre de Brigitte, je cherche désespérément le taxi envoyé par Horus (pour ceux qui n'ont rien suivi, Horus c'est le nom de l'hôtel, je n'hallucine pas totalement encore, je n'attendais pas une apparition divine). Après avoir interrogé plusieurs chauffeurs de taxi tendant désespérément leurs pancartes aux noms de leur futurs passagers, je me résous à choisir un taxi parmi ceux qui se trouvent là, attendant avec impatience de prendre dans leurs griffes les malheureux voyageurs hagards et exténués après plusieurs heures d'avion.
Montée dans le taxi... je me sens presque sauvée... je sais que je devrais négocier la course en arrivant, je sais que je n'en aurais pas du tout l'envie ou même la patience... il est 23h, j'ai passé cinq heures dans l'avion... je veux seulement un lit... Mais un taxi au Caire n'est pas un taxi parisien, il a bien plus de fougue, malgré ses boulons qui sautent, ses poignées de portes déglinguées, sa carrosserie cabossée, le bolide se lance dans un slalom des plus impressionnant! Une seule devise "ne jamais s'arrêter", pour cela possibilité de tenter de faire dégager les autres caisses pourries à grands coups de klaxon ou choisir de doubler par la droite ou la gauche... et peu importe si le marquage indique trois voies, on roule très facilement à six de front... Et le passager ne pouvant même pas s'agripper à sa ceinture de sécurité, inexistante, regarde avec une certaine appréhension les rétros qui se frôlent les ongles enfoncés dans le siège et s'efforce d'avoir l'air décidé et sûr de lui de l'habitué auquel on ne la fait pas... seul moyen d'avoir une petite chance de ne pas payer la course trois fois son prix. Finalement, j'atteins après une heure d'anxiété mon hôtel...j'apprendrais bientôt que je dois tout de même payer la course du chauffeur de l'hotel qui m'a lâchement abandonnée , « ah … je me disais aussi que je m'en sortais bien... »
Le concierge me mène au quatrième étage en soupirant fatigué de l'exploit physique que je lui impose : monter dans un ascenseur...
J'ai enfin une chambre... je veux juste m'y enfermer et ne plus voir personne... juste rester là et survivre en mangeant des biscuits... et puis, j'ai une télé, j'ai France 2... pour la première fois de ma vie, je préfère largement France 2 à toute autre activité...
Je loupe le déjeuner le lendemain, incapable de me sortir de mon lit, et trouve tout de même la force de chercher le DEAC en espérant y trouver un peu de soutien … après une longue explication au chauffeur de taxi qui ne comprend pas un mot d'anglais, il me dépose, près du DEAC... mais pas exactement devant... après avoir interrogé trois ou quatre policiers et autres concierges, je me trouve devant le consulat, mais pas de trace du DEAC... je reste plantée devant la porte du consulat indécise, une voix sort tout à coup de l'interphone sans même que j'ai esquissé un geste dans sa direction! "Le DEAC est juste de l'autre côté du batiment", sauvée par big brother! Aucune idée de la façon dont il a su que j'étais devant la porte, le Caire ne vous laisse jamais vous perdre tranquilement...
J'atteins le DEAC, couverte de sueur et épuisée, je pense trouver un asile, un secours... après avoir suivi des flèches dans des couloirs vide, je n'ai le droit qu'à « vous êtes la première! Donnez moi votre numéro quand vous aurez un numéro égyptien au cas ou d'autres cherchent une coloc... voilà l'adresse d'un agent immobilier »... je ne fais confiance aux agents immobilier... merci pour le tuyau... « au revoir... » …
Je rentre et trouve la connexion internet, résolue à passer un moment entre internet et france2, une furieuse envie de repartir dans l'autre sens pour juste me délecter d'une journée totalement ennuyeuse à attendre le retour de mes parents à l'heure des repas pour qu'ils me parlent encore et encore des mêmes problèmes, qu'ils me demandent milles fois ce qu'on pourra bien manger au repas suivant... moi je n'ai même pas envie d'aller acheter de l'eau alors je bois celle du robinet qui a un goût de javel exquis, il doit pourtant y avoir un épicier tout près mais pour y aller il faudrait que je sorte de ma chambre. Or dans un hôtel égyptien, l'amabilité veut qu'on t'adresse des salutations et qu'on demande de tes nouvelles dès que tu mets le nez dehors. C'est terriblement sympathique mais pas lorsqu'on a juste envie de se recroqueviller sur soi... Alors les écouteurs dans les oreilles, quelques photos, quelques discussions sur internet, je regarde le temps passer espérant que tout s'arrange, que je prenne goût à l'aventure...


Elsa m'a sauvée, au Caire depuis deux mois, amoureuse de la ville, elle m'emmène le soir même vivre une jolie soirée cairote à regarder les bateaux mouches locaux, leurs lumières trop agressives, leurs musiques tapageuses, ce merveilleux manque de finesse légèrement enfantin, innocent... bref, une vision très douce à mon esprit paranoïaque, voyant en cette ville un nid d'escrocs prêt à tout pour soutirer un peu d'argent au touriste inexpérimenté... Je rentre à 4h du matin, réconciliée avec le Caire, séduite par ma virée nocturne, confiante...

Je repars à la conquête du Caire pour visiter des apparts... chaque fois la même aventure, trouver un taxi, lui expliquer où je veux aller en arabe, négocier le prix, chercher partout l'immeuble, téléphoner trois fois à la coloc, découvrir un appart bien mais trop loin, une coloc adorable mais un appart pourri, un appart nickel et une mégère dedans... et après une visite rentrer exténuer à l'hôtel, prendre une douche et finir la journée affalée sur mon lit nue avec la clim à fond devant france 2 à grignoter des céréales... (pardon s'il y a des messieurs qui lisent, vous allez en rêver pendant quinze jours, je n'aurais jamais dû décrire ce spectacle ravissant...)

Et puis il y a les jolies rencontres... Parmi elles, ma coloc actuelle dont je vous reparlerai sans doute et puis surtout deux messieurs de plus de soixante qui m'ont adoptée comme leur petite-fille à l'hotel... Parlant tous les deux français, deux égyptiens ayant vécu en France et en Italie partis dans leur jeunesse à la conquête de l'Europe... Le plus jeune des deux m'a fait visiter le quartier me racontant les histoires des Eglises, des maisons, des villas, des ambassades, les tours des nonnes coptes (les chrétiens locaux), la ruine des riches familles sous Nasser et le gachis égyptien, le Caire des années 1920... puis il m'a guidée au Khan El Khalili, le repère des touristes en short. La bas, accompagnée d'un arabophone dans le souk, je me sens presqu'à ma place...

Aujourd'hui, j'ai investi mon appartement après avoir crains ne jamais pouvoir payer l'hotel. Mon chez-moi est situé dans un quartier trop loin du centre ville... mais il est plein de lumière et ici l'atmosphère est plus respirable... Bien sûr encore de mauvaise surprises, les encadrements de porte qui tombent en ruine, les fourmis dans la baignoire, la pomme de douche qui semblait si propre ne laissant s'échapper qu'un mince filer d'eau (elle doit être réparée ...), la poussière qui envahit ma chambre, les chiens errants aboyant la nuit... Mais j'ai enfin la possibilité de me faire à manger et de trainer toute la journée dans une tenue « indécente » mais tellement plus confortable...

(désolée les photos ... je ne m'en sors pas, je dois avoir un truc qui cloche... mais je ne sais pas quoi, j'ai tenté d'en ajouter, raté!)

samedi 12 septembre 2009

serrez les dents, aggripez vous aux accoudoirs, décollage imminent


Je suis une des dernières à me lancer dans l'aventure, dernière execo! Marion et moi partons le même jour, du même aéroport, à la même heure, du même terminal! Tout ça sans concertation, ça force l'admiration, y a pas à tortiller! Jolie connection télépathique ADSL illimitée!

J'ai regardé partir les autres pendant deux mois en me disant « ça doit franchement être supermégaétrange de décoller pour un an! ». Finalement j'ai même pas peur! Non, non, non! Mis à part quelques moments de léger flottement au cinéma en réalisant que non! Je ne verrais pas « Le Petit Nicolas » en film en octobre et oui... ça c'est tout de même dur.. parce que quand même, c'est le héros de mon enfance! Ou encore lorsqu'abrutie devant la télé, échouée sur le canapé, je découvre scandalisée que je n'assisterai pas à la finale d' « Un diner presque parfait »... Là oui, je me dis « zut, alors, c'est quand même bientôt qu'on décolle! »
Pardon camarades de blog si vous avez donné l'adresse à toute la famille et que la ligne éditoriale se doit d'être impécable... ce petit article est une catharsis personnelle totalement superflue et superficielle!
Je n'ai même pas peur, disais-je plus haut! Non! Parce que j'ai pensé à tout! Je n'ai pas d'appart en arrivant mais j'ai une super pension, la pension Horus recommandée par Isis, la soeur de Ramsès, c'est vrai en plus, vous qui pensiez que les pharaons étaient ensevillis sous les millénaires détrompez vous! Mais surtout sous la surveillance sans relache de Môman, je suis en régle et en parfaite santé! Je possède un VISA en bonne et dû forme, un carte d'identité à jour, un billet d'avion réservé depuis des mois et surtout j'ai la trousse à pharmacie la plus fournie de tous les temps, quatre paires de lunettes, quatre boites de lentilles de contact, des dents passées très récemment au contrôle technique, des vaccins contre toutes les maladies (sauf la grippe A...zut) et des gateaux cachés dans tous les racoins de mes bagages parce que la philosophie maternelle reste « on sait jamais! » (« ça c'est bien vrai ma brave dame.. »). Attention ! L'équipement serait incomplet sans un bon paquet de frippes monastiques! Parce que bien sur... il est pas question de jouer les starlettes... mais plutot les passent-murailles! Alors la évidemment, comme je susi ultrasexy (attention minute blonde) et bien j'ai eu du mal! Prise de conscience : je susi une allumeuse provocante en puissance... que de recherches pour déterrer quelques uniformes décents entre les mini-jupes, les débardeurs très décolletés, les dos nus et autres emballages pour minette en mal d'amour!
Sur ces considérations de la plus haute portée philosophique je me prépare pour une dernière tournée familiale, au programme : des au revoirs comme il se doit, plein de questions qui donnent l'impression qu'on est vraiment une grosse inculte ( et il y a combien d'habitant au Caire? Il y combien de musulmans par rapport à la population? Quels livres a écrit Mafouz mis à part « Impasse des deux palais »? »... « hum.. ben euh c'est à dire que ben je sais pas bien! »... mes grands parents ont trop regardé « question pour un champion » et le « jeu des milles francs » ça les a rendu trop curieux...).

mercredi 9 septembre 2009

Universidad Academia de Humanismo Cristiano

Quelques mots sur mon université, puisque c'est quand même la raison officielle de ma présence à Santiago.

Universidad Academia de Humanismo Cristiano, c'est donc son nom. Mais attention, il ne faut pas se fier aux apparences, les enseignements n'ont rien de catholiques dans cette fac; quant à sa dimension humaniste, quelques récents évènements m'en font sérieusement douter...

L'université a été créée sous la dictature de Pinochet, et elle est aujourd'hui très sérieusement marquée à gauche, ce qui tranche avec le paysage universitaire chilien globalement influencé par les idées conservatrices et par le libéralisme économique. L'ancien directeur de la banque centrale sous Salvador Allende y enseigne par exemple l'économie, loin de l'influence des idées des Chicago Boys qui reignent au Chili.

Nous ne sommes que cinq étudiants étrangers ce semestre (trois Français et deux Belges francophones...). Je suis donc très loin de l'ambiance Erasmus, mais cela me permets de faciliter les contacts avec les étudiants chiliens, même si c'est sûrement plus difficile qu'entre étrangers. En effet, les étudiants chiliens n'ont pas les mêmes attentes, beaucoup d'entre eux travaillent pour payer leurs études, certains ont déjà des enfants... Ils ne sont donc pas vraiment dans l'ambiance fêtes-voyages dans laquelle se trouvent la majorité des étudiants étrangers, mais évoluer à leurs côtés est une expérience humaine précieuse, qui m'en apprends beaucoup sur le pays qui m'accueille. Et puis l'ambiance Erasmus, je l'ai dans ma maison !

L'université est ses élèves sont donc très marqués à gauche, il y a des fresques avec des messages politiques sur presque tous les murs, et j'ai pu lire des revendications quant à la libération des prisonniers politiques Mapuche ou encore sur la légalisation de l'avortement (thème ultra-sensible au Chili). Mais mercredi dernier les choses ont dérapées, quand quelques étudiants ont lancé une dizaine de cocktails molotov sur des bureaux de la police se trouvant juste en face de l'université. Des affrontements violents avec la police se sont ensuite déroulé à l'intérieur et à l'extérieur de la fac, pendant près d'une heure. Un policier est grièvement blessé, et la classe politique chilienne a unanimement condamné cet acte, l'évènement faisant la une des journaux à Santiago le lendemain. Résultat : l'université est fermée pour au moins deux semaines et demi, pour faciliter l'enquête (pour l'instant seuls deux étudiants ont été arrêtés) et pour faire retomber les pressions. Quant aux raisons de cet acte, elles sont semble-t-il floues. Les étudiants impliqués se réclament du mouvement anarchiste, et ils auraient agi en réaction à la fois à l'assassinat il y a quelques semaines d'un Mapuche par la police dans le sud du pays, ainsi que pour marquer l'approche du 11 septembre, anniversaire du coup d'Etat de Pinochet en 1973.

Je savais qu'il y avait chaque année des problèmes dans ma fac aux alentours de cette date, mais cette fois-ci ils sont, aux dires d'autres étudiants, d'une ampleur inédite. Je dois m'attendre à la rentrée à un renforcement des contrôles d'identité à l'entrée, et à une plus grande surveillance à l'intérieur de l'université, ce qui alimentera sûrement de nouvelles tensions entre la direction et les étudiants... A suivre !

samedi 8 août 2009

Ulysse sur le FIL...

Les deux expats vous saluent de Bretagne, où le Festival Interceltique de Lorient touche à sa fin! Petit journal du FIL...

Jour 1

Après 10h de train, je retrouve enfin mon chamou (aka chamisry) à la gare de Lorient, et grâce à notre connection spirituelle, on ne perd pas de temps à se localiser ! (en fait, je sors de la gare et je tombe sur la smala, càd Mathilde, Alice ( sa soeur) et son chérichou. Youhou !) Direction le festival!

Patate Breizh au dîner et rattage de Shannon, le groupe qu'on devait aller voir. J'assiste alors au pélerinage de Cham en pays punk! Un concert des Ramoneurs de menhirs, crêtes et percings en tout genre, docs de rigueur! Grande démonstration d'amitié entre peuples opprimés, à savoir : Navaros et... Bretons !

Oui, cette journée, fut très fructueuse. En même temps, je suis arrivée à 19h. Et Mathilde s'est battue avec des piquets de tente parce que chérichou est peut-être ingénieur, mais pas ingénieux (il plante les piquets du mauvais sens, rendez vous compte !). Voilà. CQFD.

Jour 2

Premier jour de travail (parce que oui, on bosse, et bénévolement en plus!) La Bretagne nous accueille comme il se doit : "petite" douche pour notre deuxième jour... Trempée jusqu'aux os, les K-way dégoulinant et les pantalons en serpillière, c'est avec bonne humeur qu'il nous faut tirer la bière et changer les fûts (c'est lourd : 30kg, les bestiaux!)

Petite sieste lors du retour au combi (et oui, c'est le camping les amis! Et dans un combi en plus. Hippie jusqu'au bout des ongles, on vous dit. Même si on en a plus. Des ongles. Bref). Repas diététique au village celte (lard grillé et pommes de terre, gateau breton pur beurre) puis dodo.

Jour 3

Dimanche. La Grande parade. Donc le gros truc, les routes barrées, les barrières partout, les navettes blindées, une foule compacte, et deux paumées qui... doivent se frayer un chemin parmi cette masse et surtout, traverser la parade, parce que le bar est de l'autre côté! M'enfin bon comme on est de GI, on saute par dessus tout ce ptit monde. En fait, on a trouvé un petit passage secret. Discret.

Retour sur Lorient le soir pour voir les sonneurs, mais surprise! j'ai perdu mon porte-feuille... On tente bien de retourner au combi, mais re-surprise! pas de navettes avant 23h30 (il est 19h20). Bon. Tant pis, allons voir Al Wasan (super groupe mélangeant musique bretonne et orientale, très très sympa. Et les frères Khoury gèrent sa race.)

Jour 4

Alors que nous servions nos bières (pas mal de Ricards aussi, et du cidre, parce qu'avec Loïc Raison, "on n'est pas Bretons sans raison!" le slogan de notre T-shirt de barman, attention, ça rigole pas. D'ailleurs ces T-shirt sont dix fois trop grands, mais c'est pas grave), un petit concert de chants traditionnels galiciens nous est offert par de gentilles Galiciennes en costume (et oui, c'est Lorient, y'a des gens en costume partout, et surtout dans notre bar).

Il pleut tellement que la soirée se passe dans le combi, ambiance "soirée pyjama".

Jour 5

C'est le matin, et le nettoyage des toilettes du bar nous attend ! Parce qu'il faut souligner que nous sommes avec une charmante demoiselle, que nous appelons "la mégère", qui possède des talents pour commander et pour décider de ce que feront les autres (c'est à dire nous) qui nous étonnent un peu plus chaque jour. Donc cette madame ne veut en aucun cas faire les toilettes, encore moins les poubelles, donc c'est nous qui sommes de corvée. Youpi!

Rendez-vous avec Simon le soir, au village celte, que nous avons converti à Goran. Parce que oui, Goran Bregovic est en concert à Lorient mardi 4 aout! Inutile de vous dire que la fébrilité nous envahit rien qu'en écrivant ces lignes... Et le concert se révèle digne de nos espérances : c'est la folie à l'état pur. Avec l'orchestre des Mariages et des Enterrements, Goran, notre Dieu dont je suis le prophète, enflamme la salle. C'est un tout petit peu suantes que nous ressortons de ce concert, fredonnant encore Ederlezi ou Maki Maki. Goran powaaaaaa!

Jour 6

Matinée comme d'habitude. Par contre le soir, comme nous sommes très organisées, nous ratons la navette (la dernière passe à 19h28, on se pointe à 20h passé)... Coincées au camping ! Effectivement, depuis le début, on fait ça au petit bonheur la chance, et faut dire que jusque là on avait du bol, mais là... Grillées! Tant pis... dodo!

Jour 7

Petit saut dans un cyber café (après qu'un beauf nous ait tenu la bavette sur le chemin, nous racontant comment il aurait pu devenir un joueur de foot hors du commun s'il n'avait eu cette blessure au genou... "j'avais Nancy et Marseille sur mon cul" dixit le beauf. Mais il a été sauvé par l'armée. Ouf).

Le soir, on tombe sur un groupe de musique irlandaise très sympa, Sligo. Mais on ne peut malheureusement pas rester bien longtemps, on se tente une percée pour le concert de Carlos Nunez (en tant que bénévole, on a théoriquement l'accès gratuit à tous les concerts, sous réserve des places disponibles). Sauf que... c'est complet! Tant pis, on avait une Nuit Magique de prévue de toute façon. Allons voir les cornemuses et les binious! La Galice très impressionnante, les Gallois ridicules, une belle soirée dans l'ensemble, si ce n'est les deux beaufs derrière nous qui parlent comme si elles étaient devant un match de foot, crient comme si elles étaient à un concert de Johnny Halliday, et se lèvent pour aller chercher des frites comme si elles étaient à la foire du village. "C'est royal!" Mais faites les taire! Leur gamin était plus intelligent qu'elles. Pauvre gosse.

Retour au combi... et c'est l'inauguration de mon arme secrète : le bracelet iradiant! Parce que depuis 3 jours, je suis le rendez-vous resto des moustiques du combi, qui trouve mon sang bien plus à leur goût que celui de ma chère coéquipière... M'en fiche, j'ai mon bracelet bionique anti-moustique! Ah! Et c'est Mathilde qui se fait piquer. Pas trop, mais quand même.

Jour 8

Plage, sieste, et Doolin le soir au PamPam, petit groupe sympa. Pas trop bluffées par le off cette année, beaucoup de daubes... On a désespérement cherché Shannon, jusqu'à se qu'on se rende compte que finalement, ils ne sont pas venus. Au final, Arran, Job et Sligo étaient quand même bien sympathique. Même si on aurait aimé que les pauses soient moins longues et les horaires de navettes plus pratiques!

Notre festival touche à sa fin, on a encore quelques emplettes à faire et des petits trucs à voir... Nuit du Port de Pêche ce soir, puis retour à la civilisation. Ah oui, il faut quand même préciser que maintenant que c'est bientôt la fin, le beau temps montre son nez. Comme le disait un ami Breton "On est égoïste en Bretagne, on garde le soleil pour nous, une fois que tous les touristes sont partis." A bon entendeur... M'en fiche, je vais à Lyon, et eux sont plus généreux.